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mercredi 20 juin 2007

L'avocat de la terreur


Difficile d'evoquer ce documentaire sur Verges, tant son sujet est epineux, ambigue. Il a le merite en donnant la parole sans la conteste de brosser le portrait de ce personnage car c'est un personnage, conscient de l'etre, en montrant ces premiers engagments louables en defendant le peuple algerien pour passer du cote obscure du terrorisme avec notemment ses proximites avec carlos. C'est ainsi que le documentaire depasse son simple sujet en decrivant l'histoire recente du terrorisme, et la ligne mince qui le separe de la resistant, c'est d'ailleurs cette confusion qui sert de ligne d'attaque de verges en considerant avec un certain nihilisme que tout n'est que question de point de vue permettant ainsi de defendre tous les plus grands criminels. Ce film montre aussi des relations cachees entre certains terroristes et d'anciens nazis (les createurs de 24 heures chrono devraient regarder ce film pour leur prochaine saison). Bref un film riche qui ne se contente pas de souligner tout le narcissisime de Verges pour aller plus loin dans notre proche histoire.

lundi 21 mai 2007

Pee Wee's big adventure


La sortie d'un des premiers films de tim burton (peut-etre meme son premier) est l'occasion de decouvrir une de ses oeuvres les plus reussies ou on retrouve un des themes chers a ce realisateur, celui de l'enfance et de la marginalite, d'une certaine innocence qu'il perdra peu a peu pour faire des films plus normaux et commercial.
Le sujet de ce film est assez mince, pee wee, individu a l'age indetermine, une sorte d'enfant dans un corps d'adulte part a la recherche de son velo vole. Cette histoire prend ainsi la forme d'un road movie ou le heros croise une amerique burlesque, peuple de sympathiques marginaux pour finir dans une course poursuite au sein des studios de la warner permettant de rendre hommage a certain age d'or du cinema americain.
Le realisateur semble ainsi mettre en parallele l'enfance de l'individu et celle du cinema. Le burlesque rappelle les films de chaplin comme les "temps modernes" - l'organisation du petit dejeuner au debut du film rappelle l'organisation fordiste au debut du film de chaplin- renforce par le jeu de l'acteur tres mimique, on aurait presque pu imaginer le film muet, voire souhaiter tant les ricanements de l'acteur peuvent parfois enerver.

dimanche 13 mai 2007

Spiderman 3


C'est avec un peu de mefiance que je suis alle voir le dernier opus de cette grosse machine hollywoodienne, pas que je sois contre ce genre de films, j'avais meme trouve bien les deux films precedents mais deux personnes, dont je tairai l'identite car la delation n'est pas mon truc et je ne voudrai pas nuire a leur carriere de professeur de physique et de docteur en litterature, avait ete decu par ce film. Il est vrai que ce film est moins leger que les deux premiers, les scenes d'actions ne sont pas pas contrebalances par des moments plus legers de batifolage amoureux qui rappelle le cote humain trop humain de ce superheros. Toutefois cette suite plus sombre est assez logique dans cette trilogie car le heros a vieilli, n'est plus un adolescent dont le corps changeant en celui de spiderman pouvait etre mis en paralelle avec le corps changeant d'un adolescent; c'est la fin des illusions et des doutes pour laisser place a l'amertume et l'arrogance. Il accepte finalement son statut de superheros. Pleinement integre il devient finalement un vieux con, pendant que son amie galere pour trouver un travail. cet noirceur est accentue par ce machin venu d'ailleurs qui accentue les traits de caractere de celui qui le recoit conduit a vouloir se venger contre celui qui a tue son oncle, un personnage torture qui devient apres un accident technologique un homme en sable qui lui permet de prendre n'importe quel forme (un des mechants les plus reussis de la serie). Helas la fin n'est pas a la hauteur en devenant soudainement plus mielleux, ou tout le monde se pardonne, amen. neanmoins cela reste un bon film a la hauteur de ses precedents.

mercredi 9 mai 2007

Still Life


En peu de films (quatre) , Jia Zhang Ke s'est installe comme un des auteurs les plus importants de cette decennie, son dernier film a ainsi ete recompense a juste titre a Venise en obtenant le lion d'or.
Apres un pacte d'attraction reproduisant different sites du monde entier dans "the world",le realisateur s'interesse au projet d'un enorme barrage. Le pretexte de deux histoires relativement proches un homme retourne dans sa ville pour chercher sa femme et sa fille qu'il n'a pas revu depuis 16 ans, et une femme cherche a joindre son mari pour divorcer. tout comme dans son film precedent ces differentes micro histoires ne semble pas ce qui interesse le realisateur, mais c'est un lieu irreel le veritable sujet du film dans un rapport passe-present qui est symbolise par ses immeubles detruits. Le site semble si fantastique avec ses nombreuses ruines que lorqu'un monument etrange s'envole la chose parait finalement banal ou encore quand un homme joue au funambule. Jia zhang ke realise ainsi une peinture magnifique et inquietante de cette modernisation de la Chine.

jeudi 26 avril 2007

Tres bien, merci


A l'heure ou sarkozy sera peut-etre president, ce film tombe a pic en debutant sur une scene de violence policiere ordinaire, un banal controle d'identite qui conduit le heros, un comptable joue par le toujours tres bon Melki, temoin volontaire de cette scene, dans les meandres kafkaiens de l'administrations francaise. le titre du film renvoit ainsi a cette phrase qui l'on repond machinalement, cette convention sociale qui veut que quand on rencontre quelqu'un on echante "ca va" - "tres bien, merci" independamment du souci de l'etat de sante de la personne rencontree. Cette forme apparemment hypocrite permet ainsi de maintenir l'ordre social. lorsque notre comptable voudra cesser de se plier a cet ordre de resister pour avoir un peu de transparence et de verite en etant temoin puis en voulant faire valoir ses droits il devra faire face a l'enfermement psychiatrique, filme a l'instar de "roi et reine" comme un lieu de repos plus que comme une prison, puis a l'exclusion par le chomage, la ré-integration se realisant finalement par un mensonge que je ne devoilerait. La realisatrice ne choisit pas pour aborder son sujet la voie du pamphlet sentencieux, mais celui de la comedie absurde jouant sur le decalage entre la bonne volonte des individus et leur absence de moyens.

mardi 24 avril 2007

Jesus Camp


le film le plus terrifiant et drole (car tout film d'horreur a une part de risible) de l'annee est un documentaire americain. "jesus camp" suit ainsi des evangelistes qui derriere leur visage sympathique sont de dangereux fondamentalistes qui prennent comme exemple les musulmans. Comme le souligne la chef d'un camp qui a pour but d'"apprendre" aux enfants les doctrines religieuses afin de les transformer en petit soldat pret a donner la vie a jesus,les palestiniens, apprennent a leurs a se servir de grenade des l'age de cinq ans il faut que les chretiens arrivent a en faire autant. Ainsi ses jeunes evangelistes ne connaissent que la religion qui fait office de science (on leur dit que la theorie de l'evolution est une croyance) et de politique (pour eux les etats unis est "la nation de dieu" considere bush comme leur sauveur), toute leur geste quotidien est tournee vers cette religion de la priere en jouant au bowling ou de la culpabilite de danser quand c'est uniquement pour le plaisir. Le realisateur a le merite de ne pas commenter d'une voix doctrinaire mais d'utiliser pour apporter un contre champs a ces pratiques aussi idiotes qu'inquietantes les commentaires d'un animateur radio qui essaie de faire comprendre aux americains le danger de ces groupes consideres comme de sympathique uluberlu en montrant comment ceux-ci prennent peu a peu le pouvoir. bref un film qui annonce de longues annees de guerre de religion.

mercredi 18 avril 2007

Belle Toujours


J'avoue tout de suite je n'ai pas vu "belle de jour" ni aucun Bunuel, je sais c'est assez honteux on ne devrait pas ecrire des critiques de films sans avoir vu certains films dont "belle de jour" fait partie. Si j'evoque ce film c'est que "belle toujours" est une suite imaginee par Oliveira. Les personnages ont vieillit mais ont garde toute leur jeunesse comme c'est le cas chez ce cineaste. Husson, joue par Piccoli en pleine forme, retrouve l'heroine qui a change de visage mais pas de blondeur angelique, Deneuve etant remplacee par Ogier, et tente de la seduire.
Comme chez Rivette les mots ont beaucoup d'importance, le Verbe remplace la sexualite, on y parle avec delice de sexe. Mais la ou les films de Bunuel semblent marquer par un rapport trouble avec la religion (je n'ai pas vu de films mais lu des textes sur ce realisateur d'ou le "semble"), Oliveira assume pleinement son cote paillard. On n'a plus des anges qui se prostitue, mais des prostituees qu'on appelle des anges, meme si l'inversion n'est pas vraiment pris au serieux. Le film etant une petite sucrerie parfumee a la liqueur qui se savoure.

samedi 14 avril 2007

Le Vieux Jardin


Im sang-Soo continue, apres "the presdent's last bang" (son film peut-etre le plus reussi), a montrer un pan de l'histoire coreenne peu connue, celui d'un regime violent. Le heros est cette fois un ancien etudiant qui militait contre ce regime et se retrouve enferme durant plus de seize ans. Le film debute ainsi sur sa sortie, le cheveux grisonnant, sous la neige qui annonce une fin de vie, cette sortie n'etant pas tant une liberation que le rappel de tout ce qu'il a manque pour avoir choisi l'action politique. Il apprend que celle qu'il a aime est morte d'un cancer. Le film alterne ainsi le present plein de nostalgie et les souvenirs du passe. Le realisateur ne tombe pas dans le discour simpliste d'un etat oppressif qui brise le couple en montrant que c'est aussi le choix des individus qui luttent, pret a des sacrifices souvent inutiles. Il arrive ainsi a ce melange de douceur de la vie du couple avec de long silence contemplatif et la violence de la lutte sociale.

mercredi 11 avril 2007

Les Lip


Ce film s'inscrit dans une lignée de documentaires militants, de "charbon ardent" a "take out", qui retrace a chaque fois une entreprise en crise qui doit licencier et qui finalement est reprise ici par la force, mais parfois de maniere legale, par les ouvriers. Si les deux films cites suivaient au jour le jour l'evolution de cette nouvelle forme d'autogestion tourne ainsi vers l'avenir, "les lip" tente de retracer l'historique d'une lutte passe ce qui donne finalement un sentiment de melancolie meme si le film est parfois joyeux, sur un temps revolu avec ce constat amer sur la fin de la lutte des classes faites non pas par les ouvriers mais pas le dernier patron qui a dirige l'entreprise pour laisser place au tout marche et sa logique financiere. Ce film prend donc la forme d'une suite d'entrevue des differents acteurs de ce mouvement qui a conduit a l'occupation de l'usine lip dans les annees 70. cet aspect un peu austere de mise en scene permet finalement de faire son propre film. Cette lutte est meme souvent comique et decalee dans leur maniere de gerer les difficultes comme le lieu ou est stocke de leur butin qui reste secret jusqu'a la fin du film, comme un tresor de pirates.

vendredi 23 mars 2007

Les Temoins


Adrien aime Manu qui prefere Medhi marié avec Sarah amie d'Adrien. Le début du film de Techine suit avec grace l'insouciance de ces amours qui comme a la belote se jouent a quatres. C'est les annees 80, tout semble possible pour ses personnages, les couleurs sont chaudes, l'image est lumineuse. Une joie romanesque domine dans cette premiere partie faite de balade en bateau ou avion. Puis c'est l'arrivee de cette maladie venue d'ailleurs qui semble si mysterieuse, c'est le debut du sida et l'insouciance a disparu, la camera se pose, chacun fait face a la maladie a sa maniere, puis enfin le retour a une forme d'insouciance comme si la maladie avait disparue.
Le cineaste, dont le film est quasi autobiographique, arrive aidé de tres bons comediens ainsi a alterner destin individuel et collectif, souffle romanesque et realisme, a faire ressentir aussi bien la joie du debut que la gravité de la suite.

dimanche 18 mars 2007

Le 4eme morceau de la femme coupee en 3


Film aussi court que son titre est long, assez etrange, un ovni dans le paysage cinematographique actuelle.
Comme l'indique ce titre tres evocateur il s'agit d'un triptyque ou l'heroine jouee par la realisatrice, Laure Marsac, femme-enfant decalee qui tente de passer le permis de conduire ce qui lui permettrait de s'emanciper de son mari. Puis se retrouve bloquer dans un hypermarche au milieu de nulle part ses cles etant dans la voiture qui est fermee (ca arrive pas qu'aux autres ce genre de chose, mais passons...) pour ensuite revenir sur un souvenir d'enfance ou l'on voit dans un terminable voyage sur une autoroute avec sa mere.
Ce souvenir pourrait laisser croire a une explication psychologique eclairant les parties precedentes. Mais rien de cela heuruesement. Tout ce rouge n'a rien a voir a traumatisme de meme que la presence de ces voitures, mais uniquement parce que c'est joli. Et son film l'est, et c'est bien.

vendredi 16 mars 2007

Angel


j'avoue n'etre pas un grand amateur d'Ozon, je n'ai vu que deux de ses films, "8 femme" sympa et "swimming pool " nul, c'est donc avec mefiance que je suis alle voir son dernier film. La tentation premiere serait de penser qu'a l'instar de Flaubert, le realisateur pourrait dire "angel c'est moi". En effet c'est l'histoire d'un jeune anglaise du debut du XX eme siece qui conivaincue de son talent et desirant quitter son milieu populaire se lance dans l'ecriture de romans a l'eau de rose qui aura un succes. L'heroine n'a comme le realisateur pas de style (il est difficile de reconnaitre un de ses films, de se dire "c'est du ozon!") mais une certaine energie. D'ailleurs le film epouse la forme litteraire de la romanciere, celui d'une histoire d'amour et d'ascension sociale avec decor luxueux, violon et robes d'epoque qui conduit a se parallele ozon/angel.
Mais le realisateur est assez malin pour se detacher d'elle; Angel est (rarement) un ange et Ozon n'est pas (toujours) Angel, et apporte une noirceur cynique a son film. Il est aussi ce peintre dont Angel tombe amoureuse,qui peint sans couleur. Il est ainsi ce melange de surenchere et de vide.
On peut avoir aussi une lecture plus sociologique de ce film car l'ambition artistique et surtout sociale de l'heroine ne peut perdurer dans un univers de classe, elle garde des habitudes,maniere de parler et gouts qui trahissent ses origines populaires.

mardi 13 mars 2007

Le Direktor


Lars von Trier est de retour au danemark et au cinema avec une comedie cynique. Un directeur d'entreprise qui par lachete cree un personnage fictif "le directeur de tout" pour faire passer les decisions les plus douloureuses sans perdre de sa popularite aupres des employes doit faire appel a un ami, acteur fauche et arrogant, afin d' incarner ce president au moment de la vente de l'entreprise a un islandais irascible. On retrouve ainsi tout l'amour que porte le realisateur pour l'humanite. Cette absence de direction d'entreprise s'accompagne par une absence de cadrage et de raccord, le film etant "realise" par un programme informatique.
Cette vacuite de l'Art que semble denoncer le realisateur avec cet acteur "pretentieux donc fauche" donne sens aux procedes qui paraissaient jusque la denue de reflexion pour n'etre que de simples gadgets. Alors que le dogme pouvait donner le sentiment d'un refus du cinema, que cet absence de decors dans sa trilogie (dogville, manderlay) apparaissait au final creux, sa mise en scene par voie informatique parait finalement comme une ethique de l'humilite contre les grands discours sur l'esthetique pour se concentrer sur son sujet. une comedie sur le faux-semblant.

samedi 24 février 2007

Bug


Tout commence par une vue aerienne sur un motel au milieu de nulle part, un telephone qui ne cesse de sonner sans que l'on sache pourquoi, ni par qui. L'angoisse s'installe ainsi et ne quitte plus l'heroine, une femme de l'amerique profonde, de ceux qui vivent seuls et boivent beaucoup, vivant dans de sinistres chambres de motels. Puis arrive un inconnu rencontre dans un bar. Dans n'importe quel film inde ce serait le debut d'une romance tumultueuse mais la on est chez Friedkin, realisateur entre autre de "l'exorciste". L'inconnu est un ancien militaire convaincu d'etre une victime d'experience militaire qui aurait introduit des insectes dans son corps. Cette parania va ainsi se propager devenant ainsi une metaphore de l'amerique qui par peur de l'inconnu conduit a l'autodestruction de ses membres. La femme bien que rationnelle devient progressivement convaincu de la presence d'insecte et le suit dans cette lutte guerriere malgre les rappels sur l'absence de preuve de ces insectes de la part de ses proches (un peu comme les armes de destructions massives pour filer la metaphore). Ce n'est finalement pas les insectes qui cree l'effroi chez le spectateur mais cet individu dont on devine rapidement la folie qui contamine la femme. Le realisateur met a mal alors une forme d'heroisme qui croyant en ses capacites hors-normes, ici la faculte de voir des insectes microscopiques, lui donne la legitimite dans une lutte absurde.


mardi 6 février 2007

Election 1 & 2


Il ne s'agit pas d'un documentaire sur l'actuelle et sinistre campagne presidentielle mais d'un diptique de Johnnie To realise en 2005 mais qui comme souvent pour ce cineaste ne sort que maintenant en France. Ce realisateur de hong-kong apparait comme un anti-John Woo dans sa facon de traiter d'un meme sujet, des histoires de lutte viril entre flics et voyous inspires des films de Melville, mais de maniere radicalement opposee. En effet alors que chez Woo, la violence est idealisee mettant en scene une lutte non pas d'individu, mais du Bien et du Mal (d'ailleurs chez lui les individus prennent successivement le visage de chaque partie), To inscrit ses recits dans un certain realisme quasi documentaire comme cette longue scene qui decrit les rituels de passation de pouvoir qui n'apporte rien a l'histoire, juste pour souligner l'importance de la tradition chez ces personnages malgre une tendance moderne a valoriser un individualime materialiste. Les scenes de violence ne sont pas esthetisees mais sont filmes avec tout ce qu'il peut y avoir de barbare, preferant l'utilisation des armes blanches qui permettent des corps a corps physique au contraire de Woo ou les gunfight sont filmes commes des balais aeriens metaphysique.
le sujet des deux films est comme son nom l'indique une election,non pas celle d'un homme politique mais du parrain de la triade pour un mandat de deux ans. L'aspect democratique n'est que de facades, To denoncant ainsi une forme de democratie de facade ,ou le gout du pouvoir conduit au meurtre de son adversaire. L'homme sage du premier episode devient un vieux loup qui ne veut pas lacher son trone au second.
To signe ainsi son film le plus noir (du moins de ceux que j'ai pu voir qui ne sont pas si nombreux)

dimanche 21 janvier 2007

Les climats


Film de Nuri Bilge Ceylan qui avait realisee le beau uzak traite de ce sujet quasi universelle celui du couple. Il s'agit plutot de la separation. On ne sait pas pourquoi, aucune explicatiion, mais on saisit tres vite que c'est la fin avec cet homme joue par le cineaste qui regarde des ruines pendant que sa femme s'ennuie. Ils ne se parlent plus et se quittent. Le film montre ainsi les regres, l'ennui de ce bourgeois (il est thesard) qui le pousse a la rejoindre. l'histoire est ainsi assez banale mais il arrive a donner chair en utilisant la camera dv qui lui permet d'etre proche de ses personnages. Le titre renvoit a l'importance des variations climatiques qui contrastent avec une certaine stabilite dans leur desunion. qu'ils neigent ou fassent beau, ils ne se comprennent jamais sont toujours en decallage avec leurs envies.

samedi 13 janvier 2007

12h08 a l'est de Bucarest


Certains pour reduire les maux de tete lies au lendemain de cuite utilise differents remedes comme vaincre l'alcool par l'alcool en prenant un truc fort. De mon cote, j'ai opte pour la solution film roumain. En general on y voit des personnages ivres ce qui permet de mieux s'identifier a eux.
Pour venir a des consideration plus cinematographiques, on peut dire que le cinema roumain se porte relativement bien. L'année derniere il y avait deja eu le tragi-comique "la mort de Dante Lazarescu" de Cristi Pulu ,qui racontait les dernieres heures d'un clochard refuses dans tous les hopitaux. On retrouve dans le film de Corneliu Porombulu le meme esprit critique de la societe roumaine en s'attaquant au moment mythique de la fin de Ceausescu au travers un faux debat televisuel d'un journal local d'une petite ville qui se demande s'ils ont partcipe a la revolution ou s'ils ont attendu que ca se passe. Ainsi la premiere partie du film est la presentation des personnages qui participent au debat, tous sont de sympathiques loser, en particulier un prof alcoolique crible de dettes; la deuxieme moitie etant le debat ou ce prof pretend avoir fait la revolution alors que tout le monde dit qu'il etait au bar (ce que compte tenu du debut du film on veut bien croire), le debat se transforme en proces sur sa non participation et plus generalement sur la lachete des habitants qui ont attendu que Ceausescu soit parti pour manifester leur enthousiasme.
Le realisateur ne fait pas preuve que d'un certain humour tout en gardant une certaine humanite mais aussi d'un talent de mise en scene et critique aussi une facon un peu mode de filmer (lorsque le journaliste reproche à son jeune cameraman de filmer camera a l'epaule) ou lors du tournage du debat en filmant mal les personnages (ce qui suppose que le realisateur est un point de vue sur la facon de filmer).

lundi 11 décembre 2006

Last Show


Cela peut paraitre amusant d'intiluler son dernier film "the last show",le realisateur etant decede peu avant sa sortie francaise. D'ailleurs ce sentiment nostalgique de voir dans ce film l'ensemble de toute oeuvre de facon retrospective, a la fois reference son regard decale sur les films noirs,sa forme en film-chorale illustrant un microcosme social, en sachant que c'est la fin. Cet idée de derniere fois domine dans ce film, dont le sujet est justement celui d'une derniere emission de radio, mis sketch, mis musical, un peu comme "rire et chanson", mais ou la musique est bonne et les blagues droles, avant que les studio soient rachetes.
Chaque personnage se souvient ainsi de cette epoque doree, ce refus de la modernite aussi bien cinematographique, la mise en scene etant assez classique, qu'economique, le realisateur se moque de tout ceux qui symbolisent le capitalisme, entre cet entrepreneur inculte et la fille qui au final devient une insupportable working girl. Cela peut au depart exaspere, un peu comme si on etait dans une maison de retraite ou les vieux radotent sur le bon vieux temps, mais peu a peu le charme prend. Cette maniere de traiter la fin, la mort du spectacle et des personnages de facon joyeuse. Bien que desespere l'optimisme reste.
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vendredi 1 décembre 2006

The Departed


"Enfin un bon film de scorcese", je me dis en sortant de la seance (et aussi "j'ai faim" car je suis alle a la seance de midi, mais ca on s'en fout). cela faisait deja plusieurs films que je trouvais assez moyen, le cineaste en petite forme malgre les moyens deployes (ou a cause).Il s 'agit de l'adaptation d'un film hong kongais, "infernal affair", plutot pas mal avec son scenario malin ou flic et mafieux ont chacun une taupe qui annule leurs propres cation, construisant ainsi l'histoire en jeu de miroir avec les deux taupes (ou rats pour reprendre le terme employe par scorcese) perdent leur identite deviennent proches des chefs...Scorcese arrive a depasse neanmoins cette fascinante histoire de double en donnant chair aux personnages qui sont, dans l'oeuvre originales, un peu trop reduits a des pantins, des pions sur un jeu d'echec, en les installant cette fois dans un certain contexte social. Alors que dans "infernal affair", l'installation des deux taupes durent le temps du generique, ce rythme frenetique tendant ainsi a brouiller les pistes, "the deparded" prend le temps d'installer les personnages, de montrer ainsi toute la densite de ceux-ci, leur cote tortueux, en particulier celui joue par Di Caprio qui est oblige de cotoyer l'univers mafieux qu'il voulait au contraire fuir en devenant flic, pendant que l'autre joue par Matt Damon est beaucoup plus froid cynique meme s'il apparait bon flic. cette confrontation rappelle celle de "Face Off", ou flic et malfrat echange leur identite leur place, On ilagine d'ailleurs qu'"infernal affaire" aurait pu faire l'objet d'une adapation par Woo qui en aurait fait une oeuvre moins physique et plus metaphysique. La fin,sans trop en devoiler, est a l'image du film noir mais moins cynique que l'original (du moins la version diffusee sur nos ecrans, la version sino-americaine etant a priori plus morale).

lundi 27 novembre 2006

The Host


On retrouve dans ce nouveau film de Joon-ho Bong
qui a fait le brillant "memories of murder" cet meme facon de meler film de genre et fable politique. Dans le precedent il s'agissait d'une enquete sur un serial-killer mene par des flics incompetents. Cette fois c'est le film d'horreur de serie B qui sert de support a une critique de l'hegemonie americaine et des isntitutions coreennes. Le point de depart rappelle gozilla avec des deversement de produits toxiques dans le Han qui conduit au developpement d'un monstre aquatique tres dangereux, la scene ou le monstre poursuit un public plus surpris et curieux qu'inquiet est tres spectaculaire (plus que n'importe quelle scene de poursuite dans le dernier james bond). cette bete va alors capturer un enfant dont la famille constituee comme dans son precedent film de bras casses avec une tante sportive mais trop lente pour gagner, affichant un air de droopy, un oncle chomeur malgre ses etudes qui aime bien boire (comme a priori beaucoup de coreens au vu de leurs films) et surtout un pere immature qui s'endort regulierement.
Le cineaste prend ainsi le temps d'installer ses personnages, enchaine des scenes droles par leur aspect grotesque et des moment plus inquietant surtout vers la fin. Mais c'est surtout uen fable politique car le gouvernement sous tutelle americaine ne part pas a la recherche du monstre mais d'un soi disant virus qui aurait cree celle-ci et ainsi contamine la population en contact. Cette angoisse contamine la societe qui empeche la famille consideree porteuse du virus d'aller chercher leur fille enlevee.
Le realisateur dans une interview evoquait la guerre en Irak et le virus pourrait ainsi symboliser le mensonge autours des armes de destruction massive. au dela de cette critique et de facon plus general c'est la desinformation et les angoisses collectives qui en resulte. Le film est ainsi tres riche (peut-etre trop?) mais il arrive a rendre tout cela digeste car il le fait de facon assez subtile, en negligeant le cote spectacle du film, les scenes d'horreur font peur et les scenes comiques font rire, ce qui est assez rare dans le cinema actuel.