samedi 24 février 2007

Bug


Tout commence par une vue aerienne sur un motel au milieu de nulle part, un telephone qui ne cesse de sonner sans que l'on sache pourquoi, ni par qui. L'angoisse s'installe ainsi et ne quitte plus l'heroine, une femme de l'amerique profonde, de ceux qui vivent seuls et boivent beaucoup, vivant dans de sinistres chambres de motels. Puis arrive un inconnu rencontre dans un bar. Dans n'importe quel film inde ce serait le debut d'une romance tumultueuse mais la on est chez Friedkin, realisateur entre autre de "l'exorciste". L'inconnu est un ancien militaire convaincu d'etre une victime d'experience militaire qui aurait introduit des insectes dans son corps. Cette parania va ainsi se propager devenant ainsi une metaphore de l'amerique qui par peur de l'inconnu conduit a l'autodestruction de ses membres. La femme bien que rationnelle devient progressivement convaincu de la presence d'insecte et le suit dans cette lutte guerriere malgre les rappels sur l'absence de preuve de ces insectes de la part de ses proches (un peu comme les armes de destructions massives pour filer la metaphore). Ce n'est finalement pas les insectes qui cree l'effroi chez le spectateur mais cet individu dont on devine rapidement la folie qui contamine la femme. Le realisateur met a mal alors une forme d'heroisme qui croyant en ses capacites hors-normes, ici la faculte de voir des insectes microscopiques, lui donne la legitimite dans une lutte absurde.


jeudi 22 février 2007

la vie des autres


Sur les nombreuses recommendations, intimidations, corruptions...j'ai fini par aller voir le fameux film allemand "la vie des autres" qui donne une vision non nostalgique de la periode communiste a contrario de "good bye lenin" en montrant la durete du regime avec ses arrestations arbitraires. Ici un artiste est mis sur ecoute uniquement parce que un ministre libidineux a des vus sur sa femme.
Le film est loin d'etre aussi extraordinaire que semblait laisser supposer l'accueil enthousiasme dans mon entourage. Tout d'abord la fin est assez mal ecrite abusant sur les ellipses et le pathos, de plus le film comporte certaines longueurs. Neanmoins ce n'est pas un mauvais film, l'aspect du personnage, un fonctionnaire zele de la stasi qui semble denue d'humanite mais qui est juste tres seul, et qui va vivre d'une certaine maniere par procuration la vie de l'autre, et s'attacher a cet artiste et surtout a sa femme, ce qui causera son echec au sein du systeme mais lui permettre de retrouver son humanite. Bref c'est un peu trop d'humanisme beat et d'idealisme naif pour vraiment crier au chef d'oeuvre.

mardi 20 février 2007

The Subsitute


Cet objet filmique non identifie en super 8 est sur Dhorasoo, joueur de foot a priori selectionne pour la coupe du monde. Je dis "a priori" car mon ignorance footballistique et tel que je ne connaissais pas ce personnage. J'entend deja certains se dire "comment! tu vas voir un film sur le foot alors que tu n'aimes pas ca!". Un tel raisonnement risque de conduire a ceux la une profonde deception. Les amoureux du ballon rond et de la biere tiede qui esperent revoir quelques moment nostalgiques de la derniere coupe du monde devraient passer leur chemin car c'est un film documentaire sur un joueur qui est voue a rester remplacant.
Sans le savoir ce projet de se filmer suggere par un ami-admirateur-chanteur Fred Poulet va d'une certaine maniere le sauver de la folie qui le menace face a cette forme d'isolement. Tout comme le heros d'un des livres qu'il a emmene pour cette coupe, "le joueur d'echec", il doit pour faire face a cette absence d'activite trouver un moyen de lutter contre l'ennui. Dans le livre c'est en imaginant des parties d'echec, ici en faisant un film.
Il y ainsi une forme de contraste entre ce qu'on imagine d'un tel evenement une forme de joie (malgre la defaite finale) et de moment extra-ordinaire, et ce joueur au contraire triste du fait a la fois de la frustration de ne pas participer et de ce sentiment de trahison par rapport a l'entraineur, et finalement ordinaire, ou ces journees consistent a s'habiller se nourrir, lire, travailler (ici en s'entrainant).

dimanche 11 février 2007

Inland Empire


Evoquer les films de Lynch est une tache difficile tellement ils restent hermetiques a toute forme d'analyse rationnelle, pas d'histoire, ni de message sur lequel s'appuyer. Les mauvaises langues diraient qu'il s'agit d'un pur exercice de style ennuyeux. Mais si la raison ne permet pas de saisir son film tout comme ces precedents, et qu'il faut s'abandonner, accepter de ne rien saisir, pour juste ressentir.
On retrouve en effet dans "inland empire" ce meme sentiment d'egarement que dans "mullholand drive" ou "lost highway". Alors que le debut donne l'illusion d'une trame avec une femme qui obtient le premier role dans un film qui se trouve etre le remake d'un film maudit qui n'aurait jamais vu la fin a cause de la mort de ses deux interpretes. Peu a peu tournage et vie de l'actrice se confonde, ou alors est-ce elle qui reve? j'avoue ne rien comprendre, pourtant cela n'empeche pas d'avoir peur. Les scenes semblent se repondre (au telephone) sans se suivre, ou l'inverse. On pourrait pour evoquer ce film dire que c'est le voyage terrifiant de l'heroine dans une sorte d'alice au pays de Lynch (on retrouve des references a ses films precedents) ou elle rencontre des prostituees, des hommes a tete de lapin et des polonais, mais ce serait donner le sentiment d'une certaine linearite du film alors que celui semble au contraire former une spirale autour de plusieurs dimensions qui nous hypnotise. Bref un tel film ne se raconte pas mais se vit.

samedi 10 février 2007

Mon frere se marie


Alors que la France envoie a la Suisse ce qu'elle a de pire en matiere culturelle, celle nous offre en echange ce petit film, (petit ne veut pas dire que c'est un film rate) de Jean Stephane Bron . C'est ce qu'on appelle en economie "un echange inegal"...
il s'agit d'une comedie douce amère sur une famille désagrégée qui se retrouve pour le jour du mariage de leur fils adoptif et faire ainsi croire aux parents adoptifs qui se sont invités a la noce qu'il forme une famille soudée (et catholique). Les retrouvailles apres de longues années de silence donnera l'occasion de quelques scenes tres droles, mais tres vite les conflits ressurgissent et l'amertume se substitue a l'humour. Pas de morale, ici, familialiste; chacun retourne a sa propre vie seuls mais plus legers.
Si la mise en scene est sobre, tout juste la mise en place de commentaires, filmés a posteriori du mariage par l'autre fils de la famille, viennent emaillés cette comedie, le jeu des acteurs est tres juste.

mardi 6 février 2007

Election 1 & 2


Il ne s'agit pas d'un documentaire sur l'actuelle et sinistre campagne presidentielle mais d'un diptique de Johnnie To realise en 2005 mais qui comme souvent pour ce cineaste ne sort que maintenant en France. Ce realisateur de hong-kong apparait comme un anti-John Woo dans sa facon de traiter d'un meme sujet, des histoires de lutte viril entre flics et voyous inspires des films de Melville, mais de maniere radicalement opposee. En effet alors que chez Woo, la violence est idealisee mettant en scene une lutte non pas d'individu, mais du Bien et du Mal (d'ailleurs chez lui les individus prennent successivement le visage de chaque partie), To inscrit ses recits dans un certain realisme quasi documentaire comme cette longue scene qui decrit les rituels de passation de pouvoir qui n'apporte rien a l'histoire, juste pour souligner l'importance de la tradition chez ces personnages malgre une tendance moderne a valoriser un individualime materialiste. Les scenes de violence ne sont pas esthetisees mais sont filmes avec tout ce qu'il peut y avoir de barbare, preferant l'utilisation des armes blanches qui permettent des corps a corps physique au contraire de Woo ou les gunfight sont filmes commes des balais aeriens metaphysique.
le sujet des deux films est comme son nom l'indique une election,non pas celle d'un homme politique mais du parrain de la triade pour un mandat de deux ans. L'aspect democratique n'est que de facades, To denoncant ainsi une forme de democratie de facade ,ou le gout du pouvoir conduit au meurtre de son adversaire. L'homme sage du premier episode devient un vieux loup qui ne veut pas lacher son trone au second.
To signe ainsi son film le plus noir (du moins de ceux que j'ai pu voir qui ne sont pas si nombreux)

lundi 5 février 2007

Festival du Court Metrage - Clermont 2007

I13-B1-I10-F3-A1...non ce n'est pas deux personnes jouant a la bataille navale, mais des festivaliers a clermont ferrand un fin janvier discutant des series de courts a voir ou a eviter. Comme chaque annee on a ce sentiment du "c'etait mieux l'annee precedente meme si dans l'ensemble c'est pas trop mal", de cette frustration de ne pas trouver Le Court qui fera date. On ne va pas aux seances par amour sincere pour le cinema mais dans une boulimie frenetique d'images, cherchant a depasser son record de l'annee precedente car rester pres de 10 heures dans une salle de cinema devient un exploit sportif dont on aime a se vanter.
Toutefois il s'agit aussi de cinema donc pour en venir a des aspects moins physiques et plus culturels,j'evoquerai les courts en commencant par la selection internationale, un trou de serrure sur les restes du monde.
Celui qui a eu le prix est comme chaque fois un film qui denonce grave, cette fois c'est la guerre avec une reference au "dormeur du val" (cela commence par un plan d'une prairie comme si elle etait vu par quelqu'un qui dormait, et donc on decouvre au final que c'est la derniere vision d'un reporter tue au rwanda)qui est la seule originalite au niveau mise en scene.
A l'oppose de cette denonciation (un peu vaine), un des autres courts est une sorte de conte de noel autour du tango qui comme tous les courts, y compris le precedent, reposent sur sa chute que je ne devoilerai pas. Celui-ci est assez sympathique et leger caracteristique de tous les films qui ont le prix du public. cote national jury et public se sont retrouves pour defendre un film aussi sympathique et leger avec un duo de gentil loser, un peu le "little miss sunshine" du court avec un enfant a qui on apprend les pires horreurs (cette fois a etre un pickpocket). des autres films il ne me reste pas grand chose.

dimanche 21 janvier 2007

Les climats


Film de Nuri Bilge Ceylan qui avait realisee le beau uzak traite de ce sujet quasi universelle celui du couple. Il s'agit plutot de la separation. On ne sait pas pourquoi, aucune explicatiion, mais on saisit tres vite que c'est la fin avec cet homme joue par le cineaste qui regarde des ruines pendant que sa femme s'ennuie. Ils ne se parlent plus et se quittent. Le film montre ainsi les regres, l'ennui de ce bourgeois (il est thesard) qui le pousse a la rejoindre. l'histoire est ainsi assez banale mais il arrive a donner chair en utilisant la camera dv qui lui permet d'etre proche de ses personnages. Le titre renvoit a l'importance des variations climatiques qui contrastent avec une certaine stabilite dans leur desunion. qu'ils neigent ou fassent beau, ils ne se comprennent jamais sont toujours en decallage avec leurs envies.

vendredi 19 janvier 2007

Le dernier des fous



Laurent Achard dont c'est le second film s'etait deja fait remarquer avec un court metrage "peur petit chasseur" qui avait eu au festival de clermont autant de sifflets que de prix, y compris, il me semble celui du public ce qui prouve que le public est loin de constituer une masse homogene qu'on a un peu trop tendance a opposer a la critique, mais je m'eloigne du sujet.A l'epoque ce court m'avait laisse un sentiment mitige il etait certes audacieux et arrivait a creer une certaine angoisse en ne montrant rien, uniquemment un plan fixe sur une cour avec un bruit de fond, celle d'une femme battue, mais un trop sec; ce film qui tend a etre une version longue de ce court me laisse le meme sentiment. En effet on retrouve le meme sujet celui d'un enfant de la campagne temoin de la délitescence familiale, entre le frere artiste, donc forcement homosexuel et tourmente, et une mere qui a pete les plombs, passant de la neurasthénie à l'hystérie, refuse de grandir ce qui se traduit au debut du film par une volonte de redoubler. Si le realisateur arrive a nous faire ressentir cette angoisse de l'enfant par petite touche, en utilisant comme dans sont court metrage le son, l'horreur qui est hors du champs et donc encore plus terrifiante car on s'imagine toujours le pire (comme ce moment ou la fille disparait dans l'eau et on la croit noyée). Toutefois si le film n'est pas ennuyeux (quoique l"ami qui a eu le courage de m'accompagner ne semble pas de cette avis...), il tombe un peu trop dans la surenchere de la folie pour etre completement convaincant.

mardi 16 janvier 2007

Daratt (saison seche)



Apres la Roumanie c'est un autre pays peu represente dans les salles obscures que je decouvre: le Tchad avec ce film de Mahamat-Saleh Haroun. Sur fond d'apres guerre civile ou bourreaux et victimes sont obliges de se cotoyer et vivre ensemble, un fils, akim qui signifie orphelin, part a la recherche de clui qui a tue son pere. Or le coupable est devenu boulanger et lui offre a manger et un travail. il aura ainsi du mal a le hair suffisemment pour pouvoir venger son pere. Une relation quasi filiale se noue entre eux. la mise en scene sobre avec une quasi unite de lieu - la boulangerie - permet de faire resentir toute la tension qui se noue, les longs silences dissimulent une violence contenue ou chaque personnage est petri de culpabilite, l'un pour avoir tue auparavant et l'autre pour ne pas pouvoir.

samedi 13 janvier 2007

12h08 a l'est de Bucarest


Certains pour reduire les maux de tete lies au lendemain de cuite utilise differents remedes comme vaincre l'alcool par l'alcool en prenant un truc fort. De mon cote, j'ai opte pour la solution film roumain. En general on y voit des personnages ivres ce qui permet de mieux s'identifier a eux.
Pour venir a des consideration plus cinematographiques, on peut dire que le cinema roumain se porte relativement bien. L'année derniere il y avait deja eu le tragi-comique "la mort de Dante Lazarescu" de Cristi Pulu ,qui racontait les dernieres heures d'un clochard refuses dans tous les hopitaux. On retrouve dans le film de Corneliu Porombulu le meme esprit critique de la societe roumaine en s'attaquant au moment mythique de la fin de Ceausescu au travers un faux debat televisuel d'un journal local d'une petite ville qui se demande s'ils ont partcipe a la revolution ou s'ils ont attendu que ca se passe. Ainsi la premiere partie du film est la presentation des personnages qui participent au debat, tous sont de sympathiques loser, en particulier un prof alcoolique crible de dettes; la deuxieme moitie etant le debat ou ce prof pretend avoir fait la revolution alors que tout le monde dit qu'il etait au bar (ce que compte tenu du debut du film on veut bien croire), le debat se transforme en proces sur sa non participation et plus generalement sur la lachete des habitants qui ont attendu que Ceausescu soit parti pour manifester leur enthousiasme.
Le realisateur ne fait pas preuve que d'un certain humour tout en gardant une certaine humanite mais aussi d'un talent de mise en scene et critique aussi une facon un peu mode de filmer (lorsque le journaliste reproche à son jeune cameraman de filmer camera a l'epaule) ou lors du tournage du debat en filmant mal les personnages (ce qui suppose que le realisateur est un point de vue sur la facon de filmer).

mardi 9 janvier 2007

samedi 6 janvier 2007

Paprika


Deja remarque pour son hitchockien "perfect blue",thriller qui melangeait realite et fantasme, Datoshi Kon continue de creuser ce theme du rapport realite/fiction avec ce nouveau manga. Si au niveau du dessin il n'atteind pas l'elegance d'un auteur comme Miyasake, le trait reste assez sommaire, il se distingue par sa capacite a creer des histoires complexes, parfois dur a comprendre (il a d'ailleurs participe au fameux "ghost in the shell"). Pour resume, il s'agit ici d'une machine capable de filmer les reves afin de guerir les patients mais qui est vole. les scientifiques qui ont cree cette machine decide de partir a sa recherche aide d'un flic, avant qu'elle soit utiliser pour de mauvaises raisons comme le controle des reves. "paprika" est le nom de l'avatar que se cree une des scientifiques dans cette univers des reves. Le film alterne ainsi realisme policier et image onirique assez delirante, la separration devient de plus en plus flou pour finir par se melanger. Il ne s'agit pas ici d'une forme de metaphysique comme on peut le retrouver dans les romans de Philip K Dick ou les films de David Cronenberg sur le doute existencialiste: reve t on a cet avatar ou es t' on le reve de celui-ci?mais plutot sur la necessite de la coexistence du reel et de l'imaginaire. c'est justement cet absence de reel trouble qui donne le sentiment parfois d'une longue succession de scene revee et d'enquete policieres.

vendredi 5 janvier 2007

Le Grand Appartement



Vu il y a deja plus d'une semaine, de ce film de Pascal Thomas il ne me reste qu'un vague souvenir, a la fois symathique mais inegal. On sent qu'acteur et le resque de l'equipe on prie un certain plaisir a le faire, qu'un vent libertaire souffle de ce film ou le realisateur s'affranchie de tout code. mais a trop refuser de diriger quoique ce soit le resultat finit par etre bancal. Ainsi les acteurs ont un jeu parfois approximatifs, en particulier la charmante Laetitia Casta qui tient difficilement le role principal. L'histoire n'a guere d'importance tellement elle est mince; de sympathiques bobos (on peut apprecier d'ailleurs que ceux-ci sont montres de facon non sectaire a l'heure ou ils sont tant decries) sont menaces d'un immense appartement, beneficiant jusque la de la loi de 48 qui fixe les loyers. Pascal Thomas continue ainsi de construire son oeuvre rabelaisienne de petits films legers.

mardi 2 janvier 2007

bilan 2006

exercice assez pueril mais tres amusant auquel s'adonne toute critique qui se respecte est celui de faire le top 5-10-20 ou plus, ou moins, selon le nombre de films vus et la volonte de se les rememorer. j'ai opte pour le moins fatiguant qui consiste a en garder 5 (quoique elimine des films peut etre tres douloureux, on culpabilise de ne pas mettre certains), et les gagnants sont - roulement de tambour -

1. le nouveau monde de Terence Malick
2. Dans Paris de Christophe Honore
3. Caïman de Nanni Moretti
4. Bled Number One de Rabah Ameur-Zaimeche
5. Coeur de Alain Resnais

dimanche 17 décembre 2006

Le Prestige


Encore un film avec Scarlett johanson mais comment fait-elle! par quelle tour de magie elle arrive a etre sur tous les ecrans?la fin de ce film que je ne devoilerai pas donne un element de reponse. En effet le film est une histoire de magicien, ou plutot de prestidigitateur qui s'affrontent pour montrer l'illusion la plus parfaite. Dit comme cela il peut paraitre un peu simple et le realisateur Christopher Nolan aime les histoires complexes comme le montre son tordu premier film "memento" ou le heros atteint d'une sorte d'amnesie cherchait a connaitre son passe, la forme du film epousant cette quete en etant construit a l'envers, du present vers le passe.
La encore le realisateur mele plusieurs dimensions temporels le film commencant par la fin, le meurtre d'un des deux magiciens par son rival au depart ami, puis la lecture en prison de son journal ou il decouvre le desir de celui-ci de surpasser l'autre dans les tours, le "prestige" designant le dernier acte du spectacle ou apres avoir fait disparaitre un objet il le fait reapparaitre. A cette lecture qui permet un retour sur le passe, on decouvre que l'autre magicien avait aussi lu le journal de son rival en esperant decouvrir ses secrets, cette double lecture conduit a meler les differents moments de l'histoire, parfois meme a les meler en montrant deux fois une meme scene selon un des points de vue, tout en restant limpide, un peu comme dans le dernier Clint Eastwood. Cette construction narrative est ce qui fait le charme du film, donne l'illusion que celui-ci est reussi (on peut imaginer que raconter de facon lineaire il serait devenu vite ennuyeux). Le film semble ainsi etre considere comme un spectacle de magie, le plus dur n'etant pas de faire disparaitre un personnage (il le fait au debut) mais de le faire reapparaitre. Par quel moyen scenaristique le realisateur aide de son frere va reussir a nous surprendre? mystere du cinema.

mardi 12 décembre 2006

Libero


Realise et joue par l'italien Kim Rossi Stuart qui avait deja tourne dans le recent "romanzo criminale". premier film comme realisateur, habitue a etre de l'autre cote de la camera il n'est donc pas etonnant de retrouver un certain soin apporte aux jeux des acteurs tous tres justes.
Le point de depart ressemble a ces nombreux telefilms avec drame familial tres larmoyant, ici un enfant dont le pere semble assez autoritaire et colerique et une mere "qui va et vient" comme il le dit a son ami voisin. Il a le merite de ne jamais tomber dans la caricature, le conflit et la haine familial. Le heros eprouve un certain attachement et de la tendresse pour ses parents malgre leurs defauts. De plus il evite les stereotypes. Par exemple, c'est la mere qui est volage et le pere qui reste pour s'occuper de lui et de sa soeur; si le pere est autoritaire, il n'est pas pour autant brutal. Le realisateur fait preuve ainsi d'empathie pour ses personnages. Aussi si le film est loin d'etre brillant - il garde une forme trop televisuelle - il reste attachant.

lundi 11 décembre 2006

Last Show


Cela peut paraitre amusant d'intiluler son dernier film "the last show",le realisateur etant decede peu avant sa sortie francaise. D'ailleurs ce sentiment nostalgique de voir dans ce film l'ensemble de toute oeuvre de facon retrospective, a la fois reference son regard decale sur les films noirs,sa forme en film-chorale illustrant un microcosme social, en sachant que c'est la fin. Cet idée de derniere fois domine dans ce film, dont le sujet est justement celui d'une derniere emission de radio, mis sketch, mis musical, un peu comme "rire et chanson", mais ou la musique est bonne et les blagues droles, avant que les studio soient rachetes.
Chaque personnage se souvient ainsi de cette epoque doree, ce refus de la modernite aussi bien cinematographique, la mise en scene etant assez classique, qu'economique, le realisateur se moque de tout ceux qui symbolisent le capitalisme, entre cet entrepreneur inculte et la fille qui au final devient une insupportable working girl. Cela peut au depart exaspere, un peu comme si on etait dans une maison de retraite ou les vieux radotent sur le bon vieux temps, mais peu a peu le charme prend. Cette maniere de traiter la fin, la mort du spectacle et des personnages de facon joyeuse. Bien que desespere l'optimisme reste.
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dimanche 3 décembre 2006

Coeur


Le dernier film de Resnais s'appelle "coeur", mais il aurait pu tout autant s'appeler "neige" tant celle-ci est omnipresente dans ce film. Elle impose une forme de spleen hivernal, elle remplace ici les fondus enchaines habituellement noirs, et teinte le film d'une douce melancolie. C'est aussi la neige qui apparait dans les ecrans de tele quand il n'y a plus d'image. Ce sentiment de vide, d'absence domine a la fin du film qui n'est guere plus optimiste que celui de Scorcese. Pas de mort certes, mais aucune relation ne se noue (desole je raconte la fin). Alors que ce film tire du piece de theatre semble annonce une sorte de film chorale ou chacun des personnages seraient liees sans le savoir et finissent en general par se retrouver, c'est le contraire qui se joue, chacun se retrouve seul ou presque.
Si le film peut paraitre tres theatral, et pas seulement par le fait qu'il s'agit de l'adaptation d'une piece, mais par cette maniere d'utiliser des decors a la fois limites et tres ireels, une facon de surjouer, ou encore ses disposifs comme cette neige qui lie chaque scene ou cette facon de filmer de haut comme s'il s'agissait d'un jeu de societe. Mais cela prend sens car pour le realisateur la societe semble etre un jeu ou chaque relation est un artifice, chacun faisant semblant, se cachant derriere des banalites comme "les telephones portable sont une plaies", ou "il n'y a rien a la tele" evitant ainsi de communiquer.
Ce film est a la fois triste et ironique, ce qui en fait toute sa beaute.

vendredi 1 décembre 2006

The Departed


"Enfin un bon film de scorcese", je me dis en sortant de la seance (et aussi "j'ai faim" car je suis alle a la seance de midi, mais ca on s'en fout). cela faisait deja plusieurs films que je trouvais assez moyen, le cineaste en petite forme malgre les moyens deployes (ou a cause).Il s 'agit de l'adaptation d'un film hong kongais, "infernal affair", plutot pas mal avec son scenario malin ou flic et mafieux ont chacun une taupe qui annule leurs propres cation, construisant ainsi l'histoire en jeu de miroir avec les deux taupes (ou rats pour reprendre le terme employe par scorcese) perdent leur identite deviennent proches des chefs...Scorcese arrive a depasse neanmoins cette fascinante histoire de double en donnant chair aux personnages qui sont, dans l'oeuvre originales, un peu trop reduits a des pantins, des pions sur un jeu d'echec, en les installant cette fois dans un certain contexte social. Alors que dans "infernal affair", l'installation des deux taupes durent le temps du generique, ce rythme frenetique tendant ainsi a brouiller les pistes, "the deparded" prend le temps d'installer les personnages, de montrer ainsi toute la densite de ceux-ci, leur cote tortueux, en particulier celui joue par Di Caprio qui est oblige de cotoyer l'univers mafieux qu'il voulait au contraire fuir en devenant flic, pendant que l'autre joue par Matt Damon est beaucoup plus froid cynique meme s'il apparait bon flic. cette confrontation rappelle celle de "Face Off", ou flic et malfrat echange leur identite leur place, On ilagine d'ailleurs qu'"infernal affaire" aurait pu faire l'objet d'une adapation par Woo qui en aurait fait une oeuvre moins physique et plus metaphysique. La fin,sans trop en devoiler, est a l'image du film noir mais moins cynique que l'original (du moins la version diffusee sur nos ecrans, la version sino-americaine etant a priori plus morale).