lundi 27 novembre 2006

The Host


On retrouve dans ce nouveau film de Joon-ho Bong
qui a fait le brillant "memories of murder" cet meme facon de meler film de genre et fable politique. Dans le precedent il s'agissait d'une enquete sur un serial-killer mene par des flics incompetents. Cette fois c'est le film d'horreur de serie B qui sert de support a une critique de l'hegemonie americaine et des isntitutions coreennes. Le point de depart rappelle gozilla avec des deversement de produits toxiques dans le Han qui conduit au developpement d'un monstre aquatique tres dangereux, la scene ou le monstre poursuit un public plus surpris et curieux qu'inquiet est tres spectaculaire (plus que n'importe quelle scene de poursuite dans le dernier james bond). cette bete va alors capturer un enfant dont la famille constituee comme dans son precedent film de bras casses avec une tante sportive mais trop lente pour gagner, affichant un air de droopy, un oncle chomeur malgre ses etudes qui aime bien boire (comme a priori beaucoup de coreens au vu de leurs films) et surtout un pere immature qui s'endort regulierement.
Le cineaste prend ainsi le temps d'installer ses personnages, enchaine des scenes droles par leur aspect grotesque et des moment plus inquietant surtout vers la fin. Mais c'est surtout uen fable politique car le gouvernement sous tutelle americaine ne part pas a la recherche du monstre mais d'un soi disant virus qui aurait cree celle-ci et ainsi contamine la population en contact. Cette angoisse contamine la societe qui empeche la famille consideree porteuse du virus d'aller chercher leur fille enlevee.
Le realisateur dans une interview evoquait la guerre en Irak et le virus pourrait ainsi symboliser le mensonge autours des armes de destruction massive. au dela de cette critique et de facon plus general c'est la desinformation et les angoisses collectives qui en resulte. Le film est ainsi tres riche (peut-etre trop?) mais il arrive a rendre tout cela digeste car il le fait de facon assez subtile, en negligeant le cote spectacle du film, les scenes d'horreur font peur et les scenes comiques font rire, ce qui est assez rare dans le cinema actuel.

Borat


Si Borat est un journaliste kazakh raciste, homophobe, misogyne, Sacha baron Cohen se moquant ainsi de ce pays, c'est finalement une certaine amerique profonde qui est stigmatisee. En effet, ce reporter est envoye au Etats-Unis facon BHL mais en plus rigolo. En prechant ses idees les plus affreuses, il obtient la "verite" (il est difficile de savoir ce qui est de l'ordre du spontane et de l'ecriture dans ce film) avec des texans tels qu'on se l'imagine en France,i.e gros, con et raciste, "buveur de sang" comme le dit Borat. On peut craindre que ce film ne depasse pas le sketch televisuel (le realisateur Larry Charles est habitue du petit ecran avec des series comme "curb your enthusiasm" ou "seinfeld"), mais il arrive a tenir avec une quete absurde en decouvrant a la tele un episode d' "alerle a malibu" l'actrice pamela. Ce film est ainsi un road movie bizarre, qui peut rappeler par sa musique et la presence d'animaux Kusturica, ou le heros croise des gens tout aussi inquietant par leur betise, des texans qui l'applaudissent quand il sort toutes ces ignominies aux etudiants convaincus d'une domination des minorites. Ce film est drole si on rit aux chansons de didier super ou aux sketchs de Groland.

dimanche 26 novembre 2006

Casino Royal


Certes ce dernier james bond est moins pire que ses precedents, mais cela suffit-il pour dire qu'il est reussi, qu'il remplit son objectif de nous divertir pendant qu'on mange du pop corn: ma reponse est NON. Si le nouveau bond a cherche a se debarrasser de tout ce qui rendait insupportable les derniers, un second degres pas drole,une surenchere des gadgets pour evenir au source du film d'action avec un heros torture a la psychologie plus complexe (ou du moins en apparence), mais aussi retour sur le mythe de ce heros si familier puisque cette histoire est la premiere ecrite par flemming, ou on decouvre comment il obtient son permis de tuer et son aston martin ainsi que son premier amour. Le debut ou le heros fait preuve de maladresse car il debute apporte un certain charme au film, mais tres vite on s'ennuie car comme dans tout Bond il manque une chose, c'est un scenario. Les scenes d'action sont trop longues , le film manque de rythme. Decidemment c'est comme avec le beaujolais nouveau, on dit toujours qu'il est moins pire que les annees precedentes, alors on y goute et on se dit qu'on se fera plus avoir l'annee prochaine, mais la memoire est courte...

vendredi 24 novembre 2006

Lady Chatterley


J'etais assez mefiant au depart, pourtant les crtiques est unanimes sur ce film et je ne suis pas du genre suspicieux envers celle-ci, mais a la fois le sujet (une histoire d'amour entre une aristocrate anglaise et son garde chasse) et la longueur (2h38! tout de meme, plus que le dernier james bond dont je parlerai dans ma prochaine note) et pourtant j'y suis alle. Et je ne fus pas decu, la longueur est ce qui fait sa beaute, la realisatrice prend ainsi son temps pour nous montrer comment nait cette histoire, ses hesitations et ses maladresses. Dans leur premiere relation sexuelle (et ou cher y. y a encore du cul dans ce film!), elle ne semble prendre aucun plaisir,c'est seulement latroisieme fois qu'elle y arrive. Une forme d'harmonie regne dans cette clairiere ou ils se rencontrent qui depasse tout conflit de classe pour une sorte de retour a la nature. Ce pantheisme contraste avec les premiers plans ou la femme est isolee du reste de son monde, frustree par cet ennui, sonmaire etant paralyse sur une chaise roulante. L'actrice est tres bien dans cette espece de naivete qui trahit ces origines aisees de meme que l'acteur dans son cote bourru homme des bois. Le film est ainsi tres beau, doux et gracieux.

dimanche 19 novembre 2006

Le Labyrinthe de Pan


Je ne fais pas parti de ces inconditionnels de Del Toro qui le considerent comme un des meilleurs realisateurs actuels. certes "Hellboy" et "Blade 2", voire meme "Mimic", sont plutot reussi dans leur genre, en insufflant un peu de finesse dans un genre brutal, ou les personnages sont un peu plus complexe que dans les habituelles grosses machines hollywoodiennes. Il se retrouve dans ce "labyrinthe de pan" le theme de la periode franquiste deja aborde dans un autre de ces films, "l'echine du diable", que j'avoue n'avoir pas vu. il tente ainsi de melanger film politico-historique et film fantastique en racontant l'arrivée d'ofelia chez le nouvel epoux de sa mere qui appartient a l'arme franquiste. Cette derniere apeuree par ce monde menacant se refugie dans un univers fantastique peuple de "faune" et autre bete bizarre dont elle serait la reine. Cette confrontation reel/merveilleux peut rappeler Burton, mais il s'agirait plutot d'un anti-burton (qui est deja anti-disnee). Chez ce dernier la confrontation est la pour souligner l'humanite des monstres, dans une forme d'apologie de la difference alors que dans le film de Toro, celle-ci montre le vrai visage des humains qui sont comme des monstres.
Que ce soit en portant des ciseaux a la place des mains ou en reignant sur halloween, la generosite et la feerie est toujours presente chez Burton, quand dans Del Toro le faune se montre aussi menacant et terrifiant que le capitaine franquiste en imposant des epreuves dangereuses ou en demandant . L'heroine n'est ainsi pas sauve par son imaginaire. Aucun salut ou presque, ce film est alors a la fois terrifiant et pessimiste quant a la nature humaine.

vendredi 17 novembre 2006

Ne le dis a personne


Le deuxieme film de Canet est tire d'unlivre dont j'avoue ignorer l'existence mais qui est parait-il un best seller, un thriller surement prenant pour lire dans le train ou sur la plage. On aimerait retrouver une telle efficacite à l'ecran a defaut de voir un chef d'oeuvre. helas meme pris comme un divertissement de samedi soir le film n'est pas convaincant. en effet tres vite on s'ennuie dans ce film trop bavard qui ressemble plus à un film dit de "qualite francaise", tres bavard qu'a une grosse machine hollywoodienne auquel semble se referer le cineaste. Certes Canet a retenu quelques lecons du maitre du suspence qu'est Hitchcock, en prenant pour heros un homme commun auquel on peut s'identifier joue par Cluzet (tres bien dans son role), et cette morte qui semble pas si morte que ca rappelle le brillant "vertigo". mais ces bonnes references ne suffisent pas a faire un bon film. On connait trop vite la fin, et les soi-disant rebondissements finaux restent trop anecdotiques (ils n'apportent pas grand chose a l'histoire). Ce film est ainsi sans grand interet, meme pour se divertir.

samedi 11 novembre 2006

Shortbus


A l'origine le shortbus est le bus qui transportait les enfants victimes d'handicapes physiques, puis ce nom fut repris par un club new-yorkais abritant les marginaux de la ville, et enfin il est le titre du dernier (et deuxieme) film de John Cameron Mitchell qui evoque certains de ces marginaux. Tout commence par des scenes de sexes proches de film porno ou chaque personnage arrivent a des prouesses physiques passant en revue tout le kamasutra. Mais cette sexualite appartait vite comme un leurre, ainsi on decouvre que l'une est sexologue mais n'a jamais connu l'orgasme que d'autres ne semblent pas heureux, n'ont pas connu de relations durables. Mais il ne s'agit pas de presenter la sexualite comme une chose triste et miserable, facon Breillat ou Houellebecq remettant en cause la liberation sexuelle, mais de chercher une forme plus harmonieuse, ni tenter de creer du plaisir, creant une forme de relation spectateur/auteur facon Brisseau, mais de trouver une forme joyeuse. Le club ou ils se retouvent tous devient un lieu joyeux et ludique, creant une impression d'harmonie ou tous sont acceptes sans tabou, une sorte d'utopie hedoniste. Le realisateur arrive finalement ainsi a donner une impression de joie de vivre .

jeudi 9 novembre 2006

Le Dahlia Noir


"Le Dahlia Noir" fait parti de ces romans qui laissent une trace indelebile dans votre esprit, donnant envie de lire ensuite tout Ellroy. Cette densite de l'histoire avec de nombreux personnages tortueux rendaient l'oeuvre difficilement adaptable. Car ce n'est pas tant l'enquete policiere qui interressait l'auteur que l'insconcient de ces policiers qui les pousse a enqueter, devoilant ainsi le "ça" freudien d'hollywood derriere son "moi" glamour.
Pourtant De Palma reussit a l'adapter en ne s'interressant pas aux obsessions de ses personnages (les raisons qui entrainent Blanchard dans cette folie obsessionnelle autours de ce meurtre reste tres obscure), mais les siennes, ie celle de cette image de l'age d'or du cinema americain et de ce qui s'y cache derriere. A l'instar de son compatriote Eastwood, De Palma nous montre l'envers du decors (au sens litteral avec cette scene finale dans d'anciens decors dont il ne reste que des ruines, creant une atmosphere tres angoissante).
Le heros se retrouve obsede ainsi par cette video de la defunte qu'il se passe en boucle. Cette noirceur du contre-champs contraste avec le choix de jeunes acteurs et actrices tres seduisants et ce debut (comme dans le roman) heureux avec cet amitie virile presque homosexuelle (cet aspect est plus explicite dans "le grand nulle part", autre grand roman d'ellroy) qui va disparaitre avec la Femme a la fois victime et bourreau (la femme qui les chassent de cet eden hollywoodien, y-a-t-il une lecture judeo-chretienne de ce roman ou est-ce juste le moment pour moi d'arreter de picoler?).
Si l'histoire se trouve assez confuse (il vaut mieux avoir lu le livre avant ou d'etre en grande forme pour saisir tout l'enchainement), il reussit a faire sentir cette atmoshere sombre et obsessionnelle du roman.

mercredi 8 novembre 2006

Les Lumieres du Faubourg


Il est vrai, comme le precisait camarade vio, le film rappelle un peu le cinema de Chaplin. Kaurismaki a d'ailleurs realise un film muet, "juha" dont on me dit le plus grand bien mais qu'helas je n'ai toujours pas vu. Pourtant ce film parait beaucoup plus noir que ceux de Chaplin dans lesquels, malgre la misere du monde moderne, les heros finissaient pas retrouver une forme d'humanite. Contrairement a son precedent film "l'homme sans passe" ou la perte de memoire etait un moyen de refaire sa vie parmis de sympathiques marginaux, rien ne vient sauver le heros, un gardien de supermarche , qui rencontre une blonde fatale (et soumise a son employeur malfrat) qui l'entraine, malgre lui dans un petit larcin. Le monde apparait ainsi si cynique et desespere que passer par la case prison devient paradoxalement un moment de doux repos.
Il y a un peu de Candide dans ce personnage dans cette facon de montrer ce personnage qui va de desastre en humiliation tout en gardant un certain optimisme ( il ne renonce pas a monter sa boite de surveillance) meme si aucun jardin ne l'attend a la fin, juste une main tendue. (finalement en ecrivant cette note je me rend compte que le film est moins desespere que le sentiment qu'il m'avait laisse a la sortie)

samedi 4 novembre 2006

vendredi 3 novembre 2006

scoop


Le dernier film de woody Allen apparait un peu comme l'anti-"match point". Autant son film precedent s'inscrivait comme une oeuvre majeure du cineaste, sombre et cynique, ce dernier est plutot un film apparemment mineur du cineaste qui rappelle certaines comedies policieres comme "meurtre mysterieux a manhattan". Mais cette simple opposition n'est qu'illusoire car de nombreux points communs les rapprochent: d'une part le choix des lieux (Londre) et de l'actrice (la sublime scarlett johanson), et d'autre part l'histoire (celui d'un crime commis pour maintenir son rang social, herite pour l'un et acquis pour l'autre). On pense d'ailleurs a "melinda et melinda" ou il avait deja tente d'opposer comedie/drame mais dans un seul film ce qui neutralisait les deux genres (et finalement provoquait chez moi un certain ennui). Dans un cas ce crime sera vu comme une histoire tragique, dans l'autre il sera vu comme une comedie legere que le suspense vient a peine alterer, faite de nombreuses repliques tres droles et de moments absurdes (le film debute sur la mort d'un journaliste qui tente de s'echapper de la barque de la faucheuse pour prevenir d'un dernier scoop Scarlett qui est dans une boite d'un magicien bavard joue par Woody). Pour saisir le talent du realisateur (et aussi de l'actrice), il suffit de voir comment il transforme et desexualise son personnage feminin, autant dans "match point", elle degageait beaucoup de sensualite, dans "scoop" elle devient une blonde ingenue, juste jolie, dont la relation amoureuse avec le criminel n'est pas une impossible histoire d'amour qui lui sera fatale, mais une maladresse de midinette.

lundi 30 octobre 2006

Memoires de nos peres


En voyant la bande annonce, je me suis dit "oh non encore un film de guerre" ou les bons soldats sont presentes en heros, mais j'avais tort et le dernier clint est un peu l'anti-"indigene" (bien que je ne l'ai pas vu, je me permet d'en dire du mal). Si "indigene" a des fins politiques, montrant l'importance de certains oublies de la guerre en les transformant en heros, "memoire de nos pere" nous propose un contre champs a une telle demarche en deconstruisant toute cette mythologie. En partant d'une photo prise lors d'une bataille contre les japonais en 45, montrant plusieurs soldats plantent le drapeau en haut d'une colline ce qui donne l'illusion de la victoire (on apprendra par la suite que la bataille a continue longtemps apres et que certains de cette photo sont morts), Clint Eastwood nous montre comment celle-ci est reutilisee pour faire de ces soldats des heros et exalter cet appetit guerrier dans la population qui peut faire echos avec la recente propagande pour la guerre en Irak, ainsi que son decalage par rapport a cette guerre qui est une vraie boucherie ou il est difficile d'identifier qui est qui et donc d'identifier de veritable heros et par rapport aussi au role veritable de ces personnages dont certains etaient reste sur les lignes arrieres sans intervenir, ou encore par rapport a la verite sur cette photo qui n'est qu'une mise en scene pour faire plaisir a un dirigeant. Le film est ainsi un elegant alle-retour entre l'un de ces soldats vieillissant qui raconte la verite a son fils, les moments d'allégresse au retour au pays de ces heros et leur sentiment de culpabilite par rapport a cette supercherie se souvenant de ce qu'etait cette guerre.

jeudi 26 octobre 2006

mercredi 25 octobre 2006

The Office (uk, us et fr)

Je profite de la sortie en dvd de la brillante et courte serie anglaise "the office" pour evoquer celle-ci ainsi que ces differentes adaptations, americaines et françaises. Celles-ci decrivent la vie d'un bureau d'une pme qui vend du papier en prenant la forme d'un faux documentaire, montrant surtout l'imbecilite crade de son patron et l'ennui qui regne dans ces espaces. Alors que l'adaptation francaise reprend cadre pour cadre cette serie, elle n'arrive pas a retranscrire ce melange de demesure et de realisme, de drolerie et de malaise, qui fait le genie de l'original. Au contraire la version americaine en prenant des libertes avec l'histoire et meme a la prolonger (elle continue avec une troisieme saison, alors que la serie anglaise ne compte que deux saisons de six episodes chacun). On peut avancer au moins deux raisons pour expliquer que le copier/coller francais ne fonctionne pas.
La premiere est la difficulte a outrancier tous les personnages et en particulier le directeur qui dans les versions anglosaxones se montre beaucoup plus narcissique, lache, feignant, raciste, homophobe, sexiste,.... dans la version francaise il est beaucoup plus fade et banal.
La deuxieme raison tient dans la quasi absence de l'utilisation du dispositif de faux documentaire comme enjeu dramatique. Dans les version anglosaxones, le faux documentaire (et donc la presence theorique d'une camera) est utilisee dans l'histoire dans la facon dont les personnages font face a celle-ci en refusant parfois de se montrer, comme a la fin de la saison 2 ou le commercial amoureux de la receptionniste enleve le micro pour le lui avouer en toute discretion , ce qui rend la scene plus intense, ou encore quand certains tentent d'echapper au regard de cette camera ou se sente gene en decouvrant qu'ils sont filmes...
C'est ainsi ce melange d'outrance et de realisme qui rendait passionnant "the office" et son absence dans "le bureau" qui decoit (pourtant le fait que ce soit ceux du tres drole "caractere a message informatif qui l'adaptent laissait esperer mieux) .

mardi 24 octobre 2006

Les Amities Malefiques


On retrouve dans le nouveau film du fils Bourdieu un meme hommage que son precedent "vert paradis"- de maniere un peu plus voilee cette fois - aux travaux de son pere. Il s'agit cette fois d'etudiant en lettre dont l'apparente amitie cache des formes plus ou moins conscientes de domination. Il nous montre ainsi le cote obscure du champs culturel, son arrogance sterile. Un des personnages, le mentor de cette bande d'etudiant, se moque de ceux qui ecrivent en repetant incessamment qu'il est le signe d'un manque de caractere, pratiquant une violence symbolique sur ces jeunes apprentis ecrivains, alors qu'on se rend compte qu'il est lui meme incapable de finir son memoire de maitrise. Ces amis qui se laissent dominer pour ensuite le mepriser, car eux reussissent, ne valent guere mieux. La domination est aussi celle de l'homme sur la femme, les personnages feminins n'etant que des faire-valoir et des proies a la seduction masculine. L'univers de cette culture legitime apparait ainsi aussi noir que celui des romans d'Ellroy, auteur qu'ils etudient dans le film. Emmanuel Bourdieu met ainsi en image les etudes de son pere avec plus de fatalisme, la reproduction et la domination ne semble avoir chez lui aucune issue de secour.

dimanche 22 octobre 2006

Bamako


Si d'un point de vue purement economique, le film est assez insatisfaisant, presentant une vision un peu simple et manicheenne des institutions internationales (mieux vaut pour s'informer sur la banque mondiale lire "la grande desillusion" de Stiglitz) , mais je ne vais pas au cinema pour apprendre quelque chose sur l'economie; mais pour voir tout simplement un bon film, et c'est le cas de "Bamako". Celui-ci n'est pas que le proces de la banque mondiale, meme s'il s'agit du sujet principal, le realisateur nous montre aussi une afrique ouverte dans tous les sens du terme.
L'ouverture est d'abord celle du lieu ou se deroule le proces, i.e. dans une cour (la cour dans une cour, quel comique ce Abderrahmane Sissako!) qui est aussi le lieu de passage des personnes qui y vivent, se marient pendant que d'autres plaident. Il n'y a ainsi pas de separation entre ce qui est de l'ordre du public et de l'ordre du prive. l'ouverture c'est aussi celle entre professionnel et amateur, entre veritable avocat qui joue leur propre role et acteur professionnel ou non. C'est aussi l'ouverture par rapport aux langages, la maniere sensible ou raisonne de temoigner contre les mefaits du liberalisme,d 'utiliser les dialectes du pays ou le francais, voire meme l'anglais. Enfin c'est l'ouverture des formats, le film peut ainsi passer d'une forme assez theatrale comme les scenes de proces, a des aspects plus documentaires comme les scenes de mariages ou d'enterrement, ou à du film de genre avec ce western que tout le monde regarde a la tele (ce western montre d'ailleurs que la mondialisation n'est pas qu'economique mais aussi culturel).

jeudi 19 octobre 2006

Prison Break - Saison 1

Pendant que les histeriques de "desperate housewives" se crepent le chignon sur canal, le calme Michael tente de sortir de prison son frere, injustement accuse de la mort du frere de la vice-presidente, en se faisant lui meme incarcere. Pas de vision cauchemardesque denoncant les conditions des prisonniers comme dans "Oz" (l'univers hors de la prison est dans cette serie tout autant si violent qu'a l'interieur). Comme dit le heros vers la fin de la saison 1, "il ne s'agit pas de faire un discours moral sur la peine de mort mais de sauver mon frere pendant qu'une amie avocate tente de prouver son innocence". Voila qui resume bien l'enjeu dramatique de cette serie: il n'y a aucun discour moral mais uniquement la volonte de creer du suspence, de faire monter l'adrenaline du spectateur. Cette efficacite narrative ne repose pas sur une revolution de la forme comme "24 heures chrono" avec son temps reel (dont le procede semble s'epuiser sur certaines saisons, la saison 5 marquant un renouveau par un cote plus noir et politique), mais un certain classicisme et une sobriete visuelle mettant en avant le talent d'ecriture des scenaristes. On finit par etre plus angoisse par la capacite ou non de tenir sur plusieurs saisons (le concept de l'evasion semblant limiter de lui meme son nombre) que par la reussite du heros.
La fin de saison donne ainsi le sentiment que toute la premiere saison n'etait que le long episode pilote en installant les differentes histoires, depassant son concept de depart , faisant de cette serie un tres bon remake du "fugitif".

mardi 17 octobre 2006

lundi 16 octobre 2006

Mala Noche


Realise en 1985 par Gus Van Sant, ce film reste inedit en France. Il apparait ainsi comme un document bref et touchant de l'oeuvre de jeunesse d'un grand realisateur, avec les defauts d'un film de jeunesse comme l'utilisation tres arty du noir et blanc qui peut etre vu comme un moyen de souligner les differences sociales et raciales (il s'agit d'une histoire d'amour a sens unique entre un jeune, blanc, intellectuel mais proche du peuple, et un refugie mexicain).
On retrouve surtout certaines formes qui vont marques l'oeuvre de GVS comme les corps de jeunes marginaux,ou cette fascination pour les ciels nuageux montrant l'ecoulement du temps.
Mais tout cela reste un peu brouillon et inegal, alors que ses derniers films font preuve de plus de serenite et de poesie dans sa facon de filmer.

samedi 14 octobre 2006

Dans Paris


Le film commence pourtant mal, Louis Garrel face camera interpelle le public de maniere desinvolte, expliquant dans ce qu'il appelle une "introduction", comme s'il s'agissait d'une dissertation , qu'il est le narrateur pour ensuite laisser de cote ce gadget filmique inutile et montrer le vrai sujet du film qui est son frere joue par Romain Duris (qui se bonifie avec l'age). le film se decoupe en 2 parties inegales ( a eviter dans une dissertation ou l'ideal de symetrie doit dominer), a l'image du livre "franny and zoe" (aussi une histoire de relation fraternelle en 2 chapitres) qui apparait vers la fin.
La premiere partie nous montre une relation passionnelle alternant joie et desespoir dans un montage denue de raccord, ou scene interieure et exterieure se suivent sans lien, ou au contraire des raccords qui n'ont pas lieu d'etre rendant impossible la possibilie d'etablir une chronologie, comme si le temps et l'espace etait banni dans cette histoire d'amour qui est si enflammee qu'elle finit par s'eteindre.
La deuxieme partie est la depression de Duris qui du fait de cette rupture retourne chez son pere joue par Guy Marchand (tres bien dans ce role de vieux pere depasse par cette histoire).Comme il refuse de quitter son lit, son frere lui propose un marche assez etrange: s'il arrive en moins d'une demi heure dans un lieu de paris que j'ignore, il sort de sa chambre. De cette deambulation dans paris qui dure finalement plus d'une demi heure, preferant butiner de jolies filles, le realisateur ne montre pas veritablement des lieux, mais des films de la nouvelle vague. Garrel ne passe pas de la Tour Eiffel a Notre-Dame, mais de Godard a Truffaud via Demy. Il le fait non pas de facon referencieuse qui donnerait le sentiment de traverser un musee, mais avec beaucoup de joie dilettante qui contraste avec la melancolie de son frere. On retrouve ainsi ce meme melange des emotions que dans la premiere partie qui rend le film si passionnant.