jeudi 26 avril 2007

Tres bien, merci


A l'heure ou sarkozy sera peut-etre president, ce film tombe a pic en debutant sur une scene de violence policiere ordinaire, un banal controle d'identite qui conduit le heros, un comptable joue par le toujours tres bon Melki, temoin volontaire de cette scene, dans les meandres kafkaiens de l'administrations francaise. le titre du film renvoit ainsi a cette phrase qui l'on repond machinalement, cette convention sociale qui veut que quand on rencontre quelqu'un on echante "ca va" - "tres bien, merci" independamment du souci de l'etat de sante de la personne rencontree. Cette forme apparemment hypocrite permet ainsi de maintenir l'ordre social. lorsque notre comptable voudra cesser de se plier a cet ordre de resister pour avoir un peu de transparence et de verite en etant temoin puis en voulant faire valoir ses droits il devra faire face a l'enfermement psychiatrique, filme a l'instar de "roi et reine" comme un lieu de repos plus que comme une prison, puis a l'exclusion par le chomage, la ré-integration se realisant finalement par un mensonge que je ne devoilerait. La realisatrice ne choisit pas pour aborder son sujet la voie du pamphlet sentencieux, mais celui de la comedie absurde jouant sur le decalage entre la bonne volonte des individus et leur absence de moyens.

mardi 24 avril 2007

Jesus Camp


le film le plus terrifiant et drole (car tout film d'horreur a une part de risible) de l'annee est un documentaire americain. "jesus camp" suit ainsi des evangelistes qui derriere leur visage sympathique sont de dangereux fondamentalistes qui prennent comme exemple les musulmans. Comme le souligne la chef d'un camp qui a pour but d'"apprendre" aux enfants les doctrines religieuses afin de les transformer en petit soldat pret a donner la vie a jesus,les palestiniens, apprennent a leurs a se servir de grenade des l'age de cinq ans il faut que les chretiens arrivent a en faire autant. Ainsi ses jeunes evangelistes ne connaissent que la religion qui fait office de science (on leur dit que la theorie de l'evolution est une croyance) et de politique (pour eux les etats unis est "la nation de dieu" considere bush comme leur sauveur), toute leur geste quotidien est tournee vers cette religion de la priere en jouant au bowling ou de la culpabilite de danser quand c'est uniquement pour le plaisir. Le realisateur a le merite de ne pas commenter d'une voix doctrinaire mais d'utiliser pour apporter un contre champs a ces pratiques aussi idiotes qu'inquietantes les commentaires d'un animateur radio qui essaie de faire comprendre aux americains le danger de ces groupes consideres comme de sympathique uluberlu en montrant comment ceux-ci prennent peu a peu le pouvoir. bref un film qui annonce de longues annees de guerre de religion.

mercredi 18 avril 2007

Belle Toujours


J'avoue tout de suite je n'ai pas vu "belle de jour" ni aucun Bunuel, je sais c'est assez honteux on ne devrait pas ecrire des critiques de films sans avoir vu certains films dont "belle de jour" fait partie. Si j'evoque ce film c'est que "belle toujours" est une suite imaginee par Oliveira. Les personnages ont vieillit mais ont garde toute leur jeunesse comme c'est le cas chez ce cineaste. Husson, joue par Piccoli en pleine forme, retrouve l'heroine qui a change de visage mais pas de blondeur angelique, Deneuve etant remplacee par Ogier, et tente de la seduire.
Comme chez Rivette les mots ont beaucoup d'importance, le Verbe remplace la sexualite, on y parle avec delice de sexe. Mais la ou les films de Bunuel semblent marquer par un rapport trouble avec la religion (je n'ai pas vu de films mais lu des textes sur ce realisateur d'ou le "semble"), Oliveira assume pleinement son cote paillard. On n'a plus des anges qui se prostitue, mais des prostituees qu'on appelle des anges, meme si l'inversion n'est pas vraiment pris au serieux. Le film etant une petite sucrerie parfumee a la liqueur qui se savoure.

samedi 14 avril 2007

Le Vieux Jardin


Im sang-Soo continue, apres "the presdent's last bang" (son film peut-etre le plus reussi), a montrer un pan de l'histoire coreenne peu connue, celui d'un regime violent. Le heros est cette fois un ancien etudiant qui militait contre ce regime et se retrouve enferme durant plus de seize ans. Le film debute ainsi sur sa sortie, le cheveux grisonnant, sous la neige qui annonce une fin de vie, cette sortie n'etant pas tant une liberation que le rappel de tout ce qu'il a manque pour avoir choisi l'action politique. Il apprend que celle qu'il a aime est morte d'un cancer. Le film alterne ainsi le present plein de nostalgie et les souvenirs du passe. Le realisateur ne tombe pas dans le discour simpliste d'un etat oppressif qui brise le couple en montrant que c'est aussi le choix des individus qui luttent, pret a des sacrifices souvent inutiles. Il arrive ainsi a ce melange de douceur de la vie du couple avec de long silence contemplatif et la violence de la lutte sociale.

mercredi 11 avril 2007

Les Lip


Ce film s'inscrit dans une lignée de documentaires militants, de "charbon ardent" a "take out", qui retrace a chaque fois une entreprise en crise qui doit licencier et qui finalement est reprise ici par la force, mais parfois de maniere legale, par les ouvriers. Si les deux films cites suivaient au jour le jour l'evolution de cette nouvelle forme d'autogestion tourne ainsi vers l'avenir, "les lip" tente de retracer l'historique d'une lutte passe ce qui donne finalement un sentiment de melancolie meme si le film est parfois joyeux, sur un temps revolu avec ce constat amer sur la fin de la lutte des classes faites non pas par les ouvriers mais pas le dernier patron qui a dirige l'entreprise pour laisser place au tout marche et sa logique financiere. Ce film prend donc la forme d'une suite d'entrevue des differents acteurs de ce mouvement qui a conduit a l'occupation de l'usine lip dans les annees 70. cet aspect un peu austere de mise en scene permet finalement de faire son propre film. Cette lutte est meme souvent comique et decalee dans leur maniere de gerer les difficultes comme le lieu ou est stocke de leur butin qui reste secret jusqu'a la fin du film, comme un tresor de pirates.

jeudi 5 avril 2007

El Custodio


Ruben est le garde du corps d'un ministre argentin, son quotidien est donc lie a celui qu'il doit proteger, il n'a pas d'existence propre. Le realisateur montre ainsi l'ennuie de cette existence vide de sens qu'il tente de combler en faisant des portraits. Il arrive ainsi au debut a faire ressentir cette angoisse. L'utilisation de cadrage tres sophistiqué et vide de dialogue qui enferme et etouffe le spectateur pourrait etre interessant, mais cela devient tres vite une forme de manierisme. Le film finalement ennuie a ne pas evoluer, la lenteur se transforme peu a peu en longueur (pourtant le film ne dure qu'1h30), le final etrange et absurde ne semble justifier que par la necessite de liberer le spectateur.

mardi 3 avril 2007

Les Contes de Terremer


Une scene d'ouverture est assez significative de l'origine du film: on y voit un jeune prince tuer son pere. L'histoire est ainsi la fuite de ce prince torture. Ce manga est realise par Goro Miyasaki fils de Hayao dont les relations sont aussi complexe que les deux personnages de cette introduction, le pere ayant refuse que son fils tourne le manga. Pourtant cette rupture n'emeche pas un certain heritage dans la maniere de dessiner et dans le fond ecolo diffuse. On peut au regard de ce manga trouver des similitudes avec les personnages d'Hayao, avec ces machines sortis d'un roman de Jules Verne. Mais la ou les mangas du pere gardaient une certaine innocence, naivete dans ces histoires qui faisaient le charme de celles-ci, le fils tend vers le cote obscure, les personnages sont plus tortures et l'ennemi plus effrayant.
La limite de ce film ne vient pas tant de ce changement de ton, mais plutot dans l'ecriture de l'histoire qui est a la fois trop lineaire, les moments les plus reussis sont ceux ou le jeune heros se pose dans une ferme, ou l'histoire s'arrete. et le discours ecologique trop appuye, moralisateur. Il y a ainsi quelquechose d'assez ridicule dans cette maniere d'insister sur cet recherche de l'equilibre entre vie/mort, ombre/lumiere, gauche/droite (ah non ca c'est bayrou!).


jeudi 29 mars 2007

Ne touchez pas la hache


Rivette pour son dernier film adapte a nouveau un classique de la litterature, apres Diderot c'est a Balzac qu'il s'attaque avec "la duchesse de Langeais". Je ne sais pas si le film est fidele au roman et finalement cela n'est pas tres important meme si l'ecrit reste tres present dans ce film.
Que ce soit dans les dialogues ou dans l'utilisation de texte rythmant le film qui sert a la fois a recentrer le film sur la relation du couple joue par les magistraux Balibar et Depardieu (le fils) en vidant le film de toute action annexe, mais aussi renforcer les moment dramatiques comme lorsque la duchesse recherche son amant et que l'ecran noir affiche simplement "mais rien" (ou quelquechose comme ca). Le cinema de Rivette semble ainsi entretenir a l'ecrit le meme rapport que les deux amants du films, melange d'attraction, de seduction, de domination de l'un sur l'autre pour finalement se ne jamais etre ensemble. la litterature serait ainsi cette forme noble appartenant a une longue histoire, ayant ces codes, representée ici par la duchesse, et le cinema cette forme certes anoblie mais qui garde un aspect rustre de ses origines populaires symbolisée par le jeune general.
Mais c'est au de la de cette symbolique une histoire d'amour entre deux etres de milieu different et qui semble impossible compte tenu des conventions sociales et qui le deviendra par la maniere de preferer jouer le jeu de la seduction qui conduit a vouloir posseder l'autre, a le dominer et a passer ainsi a cote de leur histoire ce qui rend le film contemporain malgre les allures de film historique.

samedi 24 mars 2007

Lettres d'Iwo Jima


J'ai enfin pu voir la deuxieme partie de ce diptyque de Clint Eastwood. Apres avoir donne le point de vue américain de la bataille d'Iwo Jima avec "memoire de nos peres", voila le regard japonais avec ce film magnifique. En montrant les deux cotés de cette guerre,le realisateurs fait un geste politique admirable, tres humaniste. Mais c'est aussi un geste cinematographique en donnant une forme differente, renvoyant pour le film americain a l'age d'or d'un cinema hollywoodien qu'il deconstruit, et cette fois au cinema japonais d'Ozu et Kurozawa. C'est un ainsi a la fois un travail de memoire historique et cinephilique.
Cette fois le film est plus simple a suivre, moins d'aller-retour qui pouvaient perdre quelques esprits limites dans le film precedent. On retrouve le meme questionnement sur ce qu'est un veritable heros et du rapport entre celle definie par l'Etat qui prend ici la forme du suicide (avec une grande scene inquietante ou chacun se frappe une grenade contre le crane) et celle d'individus qui refusent la hierarchie et ont le courage de fuire. Il donne une image de cette ile tres inquietante avec ses nuages de cendres et ses arbres brules ou vie et mort se confondent (l'un des personnagese fait passer ainsi pour mort pour survivre).



vendredi 23 mars 2007

Les Temoins


Adrien aime Manu qui prefere Medhi marié avec Sarah amie d'Adrien. Le début du film de Techine suit avec grace l'insouciance de ces amours qui comme a la belote se jouent a quatres. C'est les annees 80, tout semble possible pour ses personnages, les couleurs sont chaudes, l'image est lumineuse. Une joie romanesque domine dans cette premiere partie faite de balade en bateau ou avion. Puis c'est l'arrivee de cette maladie venue d'ailleurs qui semble si mysterieuse, c'est le debut du sida et l'insouciance a disparu, la camera se pose, chacun fait face a la maladie a sa maniere, puis enfin le retour a une forme d'insouciance comme si la maladie avait disparue.
Le cineaste, dont le film est quasi autobiographique, arrive aidé de tres bons comediens ainsi a alterner destin individuel et collectif, souffle romanesque et realisme, a faire ressentir aussi bien la joie du debut que la gravité de la suite.

dimanche 18 mars 2007

Le 4eme morceau de la femme coupee en 3


Film aussi court que son titre est long, assez etrange, un ovni dans le paysage cinematographique actuelle.
Comme l'indique ce titre tres evocateur il s'agit d'un triptyque ou l'heroine jouee par la realisatrice, Laure Marsac, femme-enfant decalee qui tente de passer le permis de conduire ce qui lui permettrait de s'emanciper de son mari. Puis se retrouve bloquer dans un hypermarche au milieu de nulle part ses cles etant dans la voiture qui est fermee (ca arrive pas qu'aux autres ce genre de chose, mais passons...) pour ensuite revenir sur un souvenir d'enfance ou l'on voit dans un terminable voyage sur une autoroute avec sa mere.
Ce souvenir pourrait laisser croire a une explication psychologique eclairant les parties precedentes. Mais rien de cela heuruesement. Tout ce rouge n'a rien a voir a traumatisme de meme que la presence de ces voitures, mais uniquement parce que c'est joli. Et son film l'est, et c'est bien.

vendredi 16 mars 2007

Angel


j'avoue n'etre pas un grand amateur d'Ozon, je n'ai vu que deux de ses films, "8 femme" sympa et "swimming pool " nul, c'est donc avec mefiance que je suis alle voir son dernier film. La tentation premiere serait de penser qu'a l'instar de Flaubert, le realisateur pourrait dire "angel c'est moi". En effet c'est l'histoire d'un jeune anglaise du debut du XX eme siece qui conivaincue de son talent et desirant quitter son milieu populaire se lance dans l'ecriture de romans a l'eau de rose qui aura un succes. L'heroine n'a comme le realisateur pas de style (il est difficile de reconnaitre un de ses films, de se dire "c'est du ozon!") mais une certaine energie. D'ailleurs le film epouse la forme litteraire de la romanciere, celui d'une histoire d'amour et d'ascension sociale avec decor luxueux, violon et robes d'epoque qui conduit a se parallele ozon/angel.
Mais le realisateur est assez malin pour se detacher d'elle; Angel est (rarement) un ange et Ozon n'est pas (toujours) Angel, et apporte une noirceur cynique a son film. Il est aussi ce peintre dont Angel tombe amoureuse,qui peint sans couleur. Il est ainsi ce melange de surenchere et de vide.
On peut avoir aussi une lecture plus sociologique de ce film car l'ambition artistique et surtout sociale de l'heroine ne peut perdurer dans un univers de classe, elle garde des habitudes,maniere de parler et gouts qui trahissent ses origines populaires.

mardi 13 mars 2007

Le Direktor


Lars von Trier est de retour au danemark et au cinema avec une comedie cynique. Un directeur d'entreprise qui par lachete cree un personnage fictif "le directeur de tout" pour faire passer les decisions les plus douloureuses sans perdre de sa popularite aupres des employes doit faire appel a un ami, acteur fauche et arrogant, afin d' incarner ce president au moment de la vente de l'entreprise a un islandais irascible. On retrouve ainsi tout l'amour que porte le realisateur pour l'humanite. Cette absence de direction d'entreprise s'accompagne par une absence de cadrage et de raccord, le film etant "realise" par un programme informatique.
Cette vacuite de l'Art que semble denoncer le realisateur avec cet acteur "pretentieux donc fauche" donne sens aux procedes qui paraissaient jusque la denue de reflexion pour n'etre que de simples gadgets. Alors que le dogme pouvait donner le sentiment d'un refus du cinema, que cet absence de decors dans sa trilogie (dogville, manderlay) apparaissait au final creux, sa mise en scene par voie informatique parait finalement comme une ethique de l'humilite contre les grands discours sur l'esthetique pour se concentrer sur son sujet. une comedie sur le faux-semblant.

jeudi 8 mars 2007

Volem rien foutre al pais


Pierre Carles continue sa croisade contre le travail ou plutot contre le monde du travail avec ce nouveau film qui suit "attention danger travail". j'avoue ne pas avoir vu le precedent mais cela n'empeche pas de voir et saisir ce documentaire dans lequel le realisateur glane quelques images sur a la fois les limites du capitalisme et son ouverture vers la decroissance en filmant quelques neo ruraux fuyant la civilisation urbaine pour cultiver leur propres jardins. La force du film est ainsi que la forme epouse son propos: sa critique du travail est filme de maniere non travaillee, a priori destructuree, sa volonte de montrer une nouvelle forme de democratie conduit a faire dialoguer les images comme quand certains neoruraux regardent un film sur une manifestation en espagne puis la commentent. mais a trop questionner et a ne rien structurer ce film devient rapidement incoherent d'autant plus que les propos des personnes filmees sont rarement intelligibles voire stupîdes. Peut-on a la fois deplorer les delocalisations qui conduisent aux licenciements et le salariat, dans la mesure ou ces plans sociaux liberent l'individu de ce salariat alienant? peut-on faire l'apologie de ceux vivent au rmi en refusant de chercher un travail alors qu'eux meme vivent du travail des autres?cette vision du chacun autonome donc responsable que de lui-meme cassant ainsi toute forme de solidarite sociale pour des solidarites privees au sein d'une communaute reduite ressemble a une utopie liberale ou le salariat a disparu pour laisser a une mulititude d'entreprise, chacun creant sa propre activite? Finalement ce film donne par moment le sentiment de donner plus d'arguments au liberalisme a force de posture libertaire meme s'il a le merite de poser des questions.

samedi 24 février 2007

Bug


Tout commence par une vue aerienne sur un motel au milieu de nulle part, un telephone qui ne cesse de sonner sans que l'on sache pourquoi, ni par qui. L'angoisse s'installe ainsi et ne quitte plus l'heroine, une femme de l'amerique profonde, de ceux qui vivent seuls et boivent beaucoup, vivant dans de sinistres chambres de motels. Puis arrive un inconnu rencontre dans un bar. Dans n'importe quel film inde ce serait le debut d'une romance tumultueuse mais la on est chez Friedkin, realisateur entre autre de "l'exorciste". L'inconnu est un ancien militaire convaincu d'etre une victime d'experience militaire qui aurait introduit des insectes dans son corps. Cette parania va ainsi se propager devenant ainsi une metaphore de l'amerique qui par peur de l'inconnu conduit a l'autodestruction de ses membres. La femme bien que rationnelle devient progressivement convaincu de la presence d'insecte et le suit dans cette lutte guerriere malgre les rappels sur l'absence de preuve de ces insectes de la part de ses proches (un peu comme les armes de destructions massives pour filer la metaphore). Ce n'est finalement pas les insectes qui cree l'effroi chez le spectateur mais cet individu dont on devine rapidement la folie qui contamine la femme. Le realisateur met a mal alors une forme d'heroisme qui croyant en ses capacites hors-normes, ici la faculte de voir des insectes microscopiques, lui donne la legitimite dans une lutte absurde.


jeudi 22 février 2007

la vie des autres


Sur les nombreuses recommendations, intimidations, corruptions...j'ai fini par aller voir le fameux film allemand "la vie des autres" qui donne une vision non nostalgique de la periode communiste a contrario de "good bye lenin" en montrant la durete du regime avec ses arrestations arbitraires. Ici un artiste est mis sur ecoute uniquement parce que un ministre libidineux a des vus sur sa femme.
Le film est loin d'etre aussi extraordinaire que semblait laisser supposer l'accueil enthousiasme dans mon entourage. Tout d'abord la fin est assez mal ecrite abusant sur les ellipses et le pathos, de plus le film comporte certaines longueurs. Neanmoins ce n'est pas un mauvais film, l'aspect du personnage, un fonctionnaire zele de la stasi qui semble denue d'humanite mais qui est juste tres seul, et qui va vivre d'une certaine maniere par procuration la vie de l'autre, et s'attacher a cet artiste et surtout a sa femme, ce qui causera son echec au sein du systeme mais lui permettre de retrouver son humanite. Bref c'est un peu trop d'humanisme beat et d'idealisme naif pour vraiment crier au chef d'oeuvre.

mardi 20 février 2007

The Subsitute


Cet objet filmique non identifie en super 8 est sur Dhorasoo, joueur de foot a priori selectionne pour la coupe du monde. Je dis "a priori" car mon ignorance footballistique et tel que je ne connaissais pas ce personnage. J'entend deja certains se dire "comment! tu vas voir un film sur le foot alors que tu n'aimes pas ca!". Un tel raisonnement risque de conduire a ceux la une profonde deception. Les amoureux du ballon rond et de la biere tiede qui esperent revoir quelques moment nostalgiques de la derniere coupe du monde devraient passer leur chemin car c'est un film documentaire sur un joueur qui est voue a rester remplacant.
Sans le savoir ce projet de se filmer suggere par un ami-admirateur-chanteur Fred Poulet va d'une certaine maniere le sauver de la folie qui le menace face a cette forme d'isolement. Tout comme le heros d'un des livres qu'il a emmene pour cette coupe, "le joueur d'echec", il doit pour faire face a cette absence d'activite trouver un moyen de lutter contre l'ennui. Dans le livre c'est en imaginant des parties d'echec, ici en faisant un film.
Il y ainsi une forme de contraste entre ce qu'on imagine d'un tel evenement une forme de joie (malgre la defaite finale) et de moment extra-ordinaire, et ce joueur au contraire triste du fait a la fois de la frustration de ne pas participer et de ce sentiment de trahison par rapport a l'entraineur, et finalement ordinaire, ou ces journees consistent a s'habiller se nourrir, lire, travailler (ici en s'entrainant).

dimanche 11 février 2007

Inland Empire


Evoquer les films de Lynch est une tache difficile tellement ils restent hermetiques a toute forme d'analyse rationnelle, pas d'histoire, ni de message sur lequel s'appuyer. Les mauvaises langues diraient qu'il s'agit d'un pur exercice de style ennuyeux. Mais si la raison ne permet pas de saisir son film tout comme ces precedents, et qu'il faut s'abandonner, accepter de ne rien saisir, pour juste ressentir.
On retrouve en effet dans "inland empire" ce meme sentiment d'egarement que dans "mullholand drive" ou "lost highway". Alors que le debut donne l'illusion d'une trame avec une femme qui obtient le premier role dans un film qui se trouve etre le remake d'un film maudit qui n'aurait jamais vu la fin a cause de la mort de ses deux interpretes. Peu a peu tournage et vie de l'actrice se confonde, ou alors est-ce elle qui reve? j'avoue ne rien comprendre, pourtant cela n'empeche pas d'avoir peur. Les scenes semblent se repondre (au telephone) sans se suivre, ou l'inverse. On pourrait pour evoquer ce film dire que c'est le voyage terrifiant de l'heroine dans une sorte d'alice au pays de Lynch (on retrouve des references a ses films precedents) ou elle rencontre des prostituees, des hommes a tete de lapin et des polonais, mais ce serait donner le sentiment d'une certaine linearite du film alors que celui semble au contraire former une spirale autour de plusieurs dimensions qui nous hypnotise. Bref un tel film ne se raconte pas mais se vit.

samedi 10 février 2007

Mon frere se marie


Alors que la France envoie a la Suisse ce qu'elle a de pire en matiere culturelle, celle nous offre en echange ce petit film, (petit ne veut pas dire que c'est un film rate) de Jean Stephane Bron . C'est ce qu'on appelle en economie "un echange inegal"...
il s'agit d'une comedie douce amère sur une famille désagrégée qui se retrouve pour le jour du mariage de leur fils adoptif et faire ainsi croire aux parents adoptifs qui se sont invités a la noce qu'il forme une famille soudée (et catholique). Les retrouvailles apres de longues années de silence donnera l'occasion de quelques scenes tres droles, mais tres vite les conflits ressurgissent et l'amertume se substitue a l'humour. Pas de morale, ici, familialiste; chacun retourne a sa propre vie seuls mais plus legers.
Si la mise en scene est sobre, tout juste la mise en place de commentaires, filmés a posteriori du mariage par l'autre fils de la famille, viennent emaillés cette comedie, le jeu des acteurs est tres juste.

mardi 6 février 2007

Election 1 & 2


Il ne s'agit pas d'un documentaire sur l'actuelle et sinistre campagne presidentielle mais d'un diptique de Johnnie To realise en 2005 mais qui comme souvent pour ce cineaste ne sort que maintenant en France. Ce realisateur de hong-kong apparait comme un anti-John Woo dans sa facon de traiter d'un meme sujet, des histoires de lutte viril entre flics et voyous inspires des films de Melville, mais de maniere radicalement opposee. En effet alors que chez Woo, la violence est idealisee mettant en scene une lutte non pas d'individu, mais du Bien et du Mal (d'ailleurs chez lui les individus prennent successivement le visage de chaque partie), To inscrit ses recits dans un certain realisme quasi documentaire comme cette longue scene qui decrit les rituels de passation de pouvoir qui n'apporte rien a l'histoire, juste pour souligner l'importance de la tradition chez ces personnages malgre une tendance moderne a valoriser un individualime materialiste. Les scenes de violence ne sont pas esthetisees mais sont filmes avec tout ce qu'il peut y avoir de barbare, preferant l'utilisation des armes blanches qui permettent des corps a corps physique au contraire de Woo ou les gunfight sont filmes commes des balais aeriens metaphysique.
le sujet des deux films est comme son nom l'indique une election,non pas celle d'un homme politique mais du parrain de la triade pour un mandat de deux ans. L'aspect democratique n'est que de facades, To denoncant ainsi une forme de democratie de facade ,ou le gout du pouvoir conduit au meurtre de son adversaire. L'homme sage du premier episode devient un vieux loup qui ne veut pas lacher son trone au second.
To signe ainsi son film le plus noir (du moins de ceux que j'ai pu voir qui ne sont pas si nombreux)